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Hana-bi

sur Cinéma Autres films
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  • L'histoire
  • Le mélange des genres
  • La mise en scène
  • L'interprétation
  • La B.O de Joe Hisaishi
Les moins
  • Difficile d'en trouver un...
Niveau
12
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Avis :

Synopsis : Nishi est policier. Son épouse est atteinte d’un cancer en phase terminale. Suite à une fusillade, son partenaire Horibe devient paraplégique et un autre de ses collègues est tué. Nishi démissionne alors afin de commettre un casse pour rembourser d’importantes dettes contractées auprès des yakuzas et, finalement, chercher un sens à sa vie… 

 

Avis Hana-bi : Une des plus belles réussites de Takeshi Kitano

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Je ne vais pas y aller par quatre chemins : le septième film du cinéaste japonais Takeshi Kitano est assurément un des plus aboutis que j’ai pu voir jusqu’à présent. Si jamais on me demandait aujourd’hui de faire un classement de mes films préférés il serait en très très bonne position. Beaucoup de personnes dans mon entourage évoquaient Hana-bi comme étant l’oeuvre la plus complète et réussie de son parcours, la « quintessence » du style Kitano en quelque sorte. Je comprends pourquoi désormais.

Nous sommes en 1997, deux ans avant la sortie de L’été de Kikujiro, autre réussite dans laquelle il tenait également le premier rôle. Avec Hana-bi, Takeshi Kitano nous permet de (re)découvrir les thèmes essentiels de son univers : une histoire dramatique (et probablement hautement biographique) toujours traitée avec puissance et pudeur, ce côté « polar yakuza » à la violence redoutable qui frappe sans prévenir, sans oublier cet humour loufoque de « clown triste » qui semble être sa marque de fabrique ainsi que la beauté contemplative fascinante avec laquelle il compose chacun de ses plans.

Il est très délicat de parler d’une oeuvre comme Hana-bi sans spoiler car le montage du film est elliptique et par conséquent oblige le spectateur à rétablir mentalement ce que le cinéaste passe sous silence. Pour faire simple l’ellipse est un procédé narratif très employé au cinéma car il permet d’accélérer l’intrigue en passant sous silence une séquence temporelle plus ou moins longue. Je pense qu’il est primordial d’aborder le film vierge de toute information concernant le scénario, c’est pourquoi je vais tâcher d’en dire le moins possible concernant son déroulement…

Pour commencer je pense que vous l’avez tous très bien compris mais ne vous attendez surtout pas à un film de braquage/polar bien bourrin comme on a pu voir par centaine jusqu’à présent. Hana-bi est bien plus complexe et inventif que cela.

À la suite d’une fusillade qui a rendu paraplégique son partenaire Horibe et à la mort d’un jeune policier lors d’une arrestation sanglante, Nishi (interprété par Takeshi Kitano) quitte la police pour se consacrer à son épouse atteinte d’une leucémie foudroyante. Déguisé en officier, il va commettre un hold-up afin de rembourser des yakuzas et financer un dernier voyage en compagnie de sa femme à travers le Japon…

Avec comme point de départ une histoire assez « lourde » dramatiquement parlant, l’homme aux nombreuses casquettes, toujours aussi à l’aise avec le mélange des genres, arrive une fois de plus à nous offrir de sacrés moments de comédie tout en nous faisant passer en un rien de temps du rire aux larmes avec ce ton grave et léger à la fois qui est sien. Son film s’apparente à un grand parcours émotionnel que l’on emprunte sans connaître à l’avance la véritable destination.

 

Avis Hana-bi : Une maîtrise technique, thématique et formelle de tous les instants

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Hana-bi, qui valut à Kitano la consécration au festival de Venise avec l’obtention du Lion d’or du meilleur film en 1997, est sans aucun doute un de ses plus beaux succès. Rares sont les films qui parviennent si bien à conjuguer réussite technique, thématique et formelle. Le septième film du cinéaste japonais appartient indéniablement à cette catégorie.

Kitano, artiste touche-à-tout, profite du film pour dévoiler au monde entier une autre de ses passions : la peinture. Les différentes toiles que l’on voit apparaître régulièrement au cours du film (en gros plan comme en arrière-plan) sont toutes issues de son travail. En 1994, trois ans avant la sortie d’Hana-bi, le cinéaste connaît un grave accident de deux-roues : véritable miraculé, il s’en tire avec deux mois d’hospitalisation et une gueule de travers à moitié paralysée et recouverte de cicatrices… Horibe, le policier paraplégique qui réapprend à vivre à travers la peinture, est en fait une représentation de Kitano lui-même lorsqu’il était en convalescence, période durant laquelle il eut une « révélation » et se mit alors à peindre. Il n’est pas rare dans le cinéma de Kitano que ce dernier retranscrive au travers certains personnages ou certaines situations quelques-unes de ses expériences personnelles.

Comme pour les toiles, la photographie est d’une grande beauté plastique elle-aussi. La nature (en particulier le ciel et la mer) joue un rôle essentiel dans le film, ce qui donne lieu à de magnifiques cadrages, notamment grâce aux plans fixes et frontaux, larges et statiques de l’océan au bleu profond mais aussi du Mont Fuji recouvert de neige.

C’est probablement dans cette septième oeuvre que le cinéaste utilise le plus brillamment le montage elliptique qui a si largement contribué à son style. Hana-bi est l’un des films sur lesquels Kitano passe le plus de temps à travailler en post-production, remontant -selon ses dires- au moins une dizaine de fois le long-métrage.

Hana-bi c’est également la quatrième collaboration entre Takeshi Kitano et Joe Hisaishi. Ce dernier délivre encore une fois une composition aussi touchante que le film. Son score est beau à en pleurer, évoquant à la fois l’espoir et la tristesse qui planent au dessus du film… Un véritable travail de magicien comme à l’accoutumée. Le CD de la bande originale du film est présent en bonus (comme pour L’été de Kikujiro). Je vous conseille fortement de découvrir le score en même temps que le film tant ils sont liés mais si jamais vous voulez vous faire une petite idée il est disponible en écoute libre ici.

 

Avis Hana-bi : Des interprétations qui forcent le respect

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Pas de grand film sans grandes interprétations et autant dire tout de suite qu’Hana-bi est vraiment bien servi. Takeshi Kitano repasse devant la caméra après avoir été absent de son précédent film, Kids Return. C’est avec le plus grand naturel qu’il endosse le rôle principal, celui de Nishi : un policier qui a vu sa fille mourir, son épouse tomber gravement malade et ses collègues se faire tirer dessus sous son regard impuissant…

Kitano fait preuve d’une sensibilité à fleur de peau malgré le mutisme dans lequel il trouve refuge. Il n’aligne qu’une poignée de mots à travers tout le film, tel celui « qui a tout compris » il n’a pas besoin du langage pour interagir avec son entourage. Le regard souvent masqué derrière des lunettes noires, le visage à moitié paralysé depuis son grave accident de deux-roues, ce sera son corps et sa gestuelle qui s’exprimeront le plus souvent à sa place… Il me fait penser à une sorte de samouraï des temps modernes, capable de l’amour le plus pur envers les siens mais aussi d’une violence impitoyable et expéditive quand il le faut, notamment vis-à-vis des yakuzas qui viendront sans cesse lui réclamer des intérêts sur une veille dette d’argent.

Son personnage, bien que parfois violent, est d’une grande noblesse. À titre d’exemple, le braquage de la banque (minimaliste et entièrement mué, sans haine ni violence et filmé à travers de vieilles caméras de vidéosurveillance) est motivé uniquement par le besoin de témoigner son affection et sa compassion à ceux qu’il aime : son ancien partenaire Horibe, devenu paraplégique et à qui il souhaite acheter du matériel de peintre; sa femme mourante (l’argent du hold-up financera leur dernier voyage); Mme Tanaka, la veuve du jeune policier tué dans l’exercice de ses fonctions qui peine à joindre les deux bouts…

L’interprétation d’Horibe par Ren Osugi ainsi que celle de Miyuki (l’épouse de Nishi) par Kayoko Kishimoto sont toutes deux très justes et touchantes. On les retrouve également dans d’autres films du cinéaste tant la collaboration se passe bien et fait des merveilles.

Du côté des plus petits rôles c’est également un sans-faute : le propriétaire de la casse automobile (le très charismatique Tetsu Watanabe, que l’on pouvait voir récemment dans Silence de Martin Scorsese) est à la fois dégoûtant et hilarant de par son tempérament assez rustre qui contraste avec la froideur de l’homme de main du clan yakuza joué par l’inquiétant Hakuryu. Pour l’anecdote, « la jeune fille au cerf-volant » que l’on voit apparaître sur la plage à la fin du film est la propre fille du cinéaste, Shoko Kitano.

 

Avis Hana-bi : Conclusion

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Magnifique découverte que celle d’Hana-bi, peut-être même la plus belle de l’année me concernant. Difficile de parler de ce chef-d’oeuvre (le terme n’est pas usurpé) qui mélange si habilement différents genres et sentiments : violence, tendresse, humour, tristesse… On passe du rire aux larmes en un rien de temps.

Hana-bi rejoint la liste des rares films que l’on peut redécouvrir avec un plaisir intact. Je l’ai pour ma part encore plus apprécié lors du second visionnage (impossible de résister à l’envie de le revoir les jours suivants sa découverte…).

Un grand geste artistique dont on aurait tort de se priver, d’autant plus que l’édition proposée par La Rabbia est encore une fois très réussie, aussi bien d’un point de vue technique (version restaurée) qu’éditorial (on en a pour notre argent).

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