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L’été de Kikujiro

sur Cinéma Autres films
Les plus
  • L'histoire quasi biographique
  • La mise en scène
  • L'équilibre humour/émotion
  • L'interprétation exemplaire
  • La B.O de Joe Hisaishi
  • L'impression de voyage garantie
Les moins
  • Difficile d'en trouver un...
Niveau
14
L’été de Kikujiro en édition limitée Blu-Ray + DVD + B.O + Livret
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Avis :

Synopsis : C’est l’été à Tokyo, et Masao, petit citadin qui vit avec sa grand-mère, s’ennuie. Les grandes vacances commencent et il voit tous ses amis partir.
Grâce à une amie de la vieille femme, Masao rencontre Kikujiro, un yakuza d’une cinquantaine d’années avec lequel il part à la recherche de sa mère, qu’il ne connaît pas et qui vit près de la mer.
En voyageant à travers le Japon, le yakuza vieillissant et l’enfant font des rencontres inattendues et parfois dangereuses, ponctuées de jeux délirants et de rêves inoubliables. C’est le début d’un été pas comme les autres…

 

Avis L’été de Kikujiro : Un road movie improbable, entre drame et comédie

 

 

 

 

 

J’ai un peu honte de devoir l’avouer mais je ne connais que très peu Takeshi Kitano, qui est un des plus grands cinéastes japonais contemporains. Ma méconnaissance de son univers est une des nombreuses lacunes que j’espère pouvoir combler le plus rapidement possible, notamment grâce aux sorties en France en support physique de trois oeuvres majeures restaurées spécialement pour l’occasion : L’été de Kikujiro, Hana-Bi, et Kids Return .

Je n’ai vu en tout et pour tout que deux longs métrages de sa filmographie  : Aniki, mon frère (son seul film en langue anglaise) il y a des années et L’été de Kikujiro il y a quelques jours seulement grâce à la très belle version restaurée proposée en Blu-Ray par l’éditeur La Rabbia, qui s’est illustré il y a peu avec Sorcerer.

L’été de Kikujiro est le huitième film réalisé par Takeshi Kitano. Nous sommes en 1999, le réalisateur est déjà mondialement connu et respecté, fort du succès à la fois public et critique de ses précédentes oeuvres telles que Violent Cop, Sonatine et Hana-Bi pour ne citer qu’elles. Kitano est alors à un moment de sa carrière où il peut tout se permettre… Conscient qu’une image de réalisateur « violent » commence à lui coller à la peau, il décide de surprendre et de changer de registre en abandonnant provisoirement le film noir/polar au profit d’un conte moderne émouvant et amusant.

Le « road movie à pied » écrit, réalisé et interprété par Kitano emmène le petit Masao et Kikujiro, un yakuza sur le déclin, sur les routes du Japon pour retrouver la mère du petit. Ce voyage est en fait l’occasion de filmer une succession de rencontres plus insolites les unes que les autres, présentées comme un album de photos avec des intitulés correspondant à chaque saynète. Le titre du premier chapitre, « Il était une fois… », renvoie d’ailleurs directement au conte. Kitano donne à son film la structure d’un livre d’enfant. L’été de Kikujiro est ainsi divisé en autant de chapitres qu’en compte le journal intime illustré de Masao.

 

Avis L’été de Kikujiro : Toujours marrant et touchant mais jamais larmoyant

 

 

 

Le cinéaste abandonne la noirceur souvent mise en scène par le passé pour cette histoire intemporelle et universelle dans laquelle se mélangent humour, tristesse, espoir, réalisme et fantaisie. Takeshi Kitano s’inspire de sa propre vie pour écrire le scénario du film. Le prénom du personnage principal, Kikujiro, est aussi celui du père du cinéaste. Un père parfois violent, accro au jeu ainsi qu’à la bouteille… Une figure paternelle loin d’être aimante et tout sauf idéale; avec laquelle les rapports étaient très compliqués et qu’il n’a commencé (et cherché) à comprendre qu’une fois décédée.

Kitano interprétera avec talent et justesse ce yakuza de bas étage pitoyable, grossier, voleur, menteur et au premier abord détestable mais qui finira par se révéler de façon insoupçonnée un « oncle » protecteur et affectueux. L’écart qui le sépare de l’enfant se réduira de plus en plus au fur et à mesure de la progression de l’histoire jusqu’à atteindre un pic émotionnel bouleversant mais pas mièvre ni mélodramatique.

Masao, le petit garçon aux traits atypiques et au visage joufflu qui débarque dans la vie de Kikujiro sans prévenir sera également sobrement interprété par Yusuke Sekiguchi, dans ce qui constitue presque 20 ans plus tard sa seule et unique apparition à l’écran. Le petit garçon était volontairement tenu à l’écart de Takeshi Kitano hors caméra, possiblement pour le maintenir dans le même climat que la première partie du film…

Comme dans tout bon road movie qui se respecte, le duo sera amené à rencontrer toute une galerie de personnages mémorables et hauts en couleur : un duo de bikers, un couple de jeunes amoureux dont la femme est jongleuse, un poète itinérant qui parcourt le Japon avec son « bibliobus » décoré d’une fresque marine, un maître d’hôtel à qui le duo fera la misère (avec un irrespect des règles jubilatoire), des yakuzas d’un clan ennemi « propriétaires » d’une fête foraine mais aussi un pédophile…

Kitano s’en donne à coeur joie (y compris dans les situations les plus tendues) avec une succession de gags vraiment hilarants. On a vite fait de spoiler donc je ne vais pas les décrire mais il ne faut pas oublier que l’acteur faisait le pitre à la télévision pendant la majorité de sa carrière, formé à la version locale de la « stand-up comedy » en duo : le manzai. Le duo de l’époque se reforme d’ailleurs dans le film puisque Beat Kiyoshi joue le rôle de l’homme avec qui ils attendent à un arrêt de bus délabré… Petit exemple de Kikujiro et de ses bonnes manières, après sa vaine tentative de se faire passer pour un aveugle afin d’accroître les chances d’être pris en auto-stop : « Emmène-nous à Toyohashi !. On fait du stop ducon !. ».

 

Avis L’été de Kikujiro : Un aspect formel envoûtant, simple et soigné

 

 

 

La réalisation de Takeshi Kitano est inventive sans en faire des tonnes. La mise en scène est habile, simple et sert idéalement les gags. Ici pas d’effets visuels « hollywoodiens » tapageurs mais des petites trouvailles constantes et réfléchies qui forcent le respect. Le cinéaste retrouve son directeur de la photographie habituel Katsumi Yanagijima, avec qui il a déjà travaillé sur la plupart de ses oeuvres précédentes, et lui demande de se surpasser et de chercher des prises de vue inhabituelles, comme filmer à travers les reflets d’une paire de lunettes de soleil ou ceux de l’enjoliveur d’une roue de voiture par exemple.

Kitano renoue une nouvelle fois avec le compositeur Joe Hisaishi qui offre un score aussi touchant que le long métrage. Sa musique entêtante et minimaliste nous va directement droit au coeur, et ce dès la première écoute. Le thème principal sera difficile à oublier tant la musique « colle » au film… Joe Hisaishi est un des compositeurs modernes les plus marquants du cinéma japonais et aussi un des plus appréciés à l’étranger. Il est connu et respecté notamment depuis son travail sur les musiques des films du maître de la japanimation Hayao Miyazaki, cofondateur du mythique studio Ghibli.

Parallèlement à son travail avec Miyazaki, Joe Hisaishi entamera une collaboration marquante et fructueuse avec Kitano, de 1991 à 2002. Cette association de plus de dix ans prendre malheureusement fin suite à des raisons humaines, les deux hommes n’arrivant plus à s’entendre et travailler ensemble…

 

Avis L’été de Kikujiro : Conclusion

 

 

 

Takeshi Kitano nous prouve avec ce long métrage qu’il n’y a pas besoin d’en faire de trop pour créer une oeuvre puissante et émouvante. On ressent un pincement au coeur dès les premières notes du générique de fin tant on s’attache à l’improbable duo formé par Kikujiro et Masao.

L’été de Kikujiro fait incontestablement partie de ces films que l’on peut voir et revoir sans se lasser… Il n’a pas pris une ride malgré les presque vingt ans qui le séparent de sa sortie; et ce d’autant plus que le travail de restauration effectué récemment accouche d’une très belle copie haute définition.

Un gros coup de coeur pour ce qui me semble être une véritable réussite sur toute la ligne, aussi bien d’un point de vue cinématographique que musical.

 

* Désolé pour les illustrations antédiluviennes en basse définition qui ne rendent pas justice au film et encore moins au Blu-Ray.

Nous n’avons malheureusement pas pu héberger de photos en haute définition pour des questions de copyright…

Vous pouvez trouver ici, directement sur le site de l’éditeur, de nombreuses captures issues du Blu-Ray ainsi que le film annonce en HD.

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