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Mektoub, my love : canto uno

sur Cinéma Autres films
Les plus
  • Sa façon de capter la vie
  • Sa beauté
  • Ses interprétations
  • Son immersion
  • Son audace
  • Son ambition
Les moins
  • Une ou deux longueurs histoire de chipoter
Niveau
13
Mektoub, my love en Blu-Ray (exclu Fnac)
19.99 € @ Fnac
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Avis :

Synopsis : Sète, 1994. Amin, ex-étudiant en médecine à Paris, revient pour les vacances d’été auprès des siens, une famille de restaurateurs d’origine tunisienne. Accompagné de son cousin Tony et de sa meilleure amie Ophélie, Amin passe son temps entre le restaurant familial, le petit bistrot de quartier et la plage où viennent bronzer de jolies vacancières. Alors que Tony, dragueur invétéré, passe son temps à courir après les filles, Amin reste en retrait. Il se trouve une occupation en photographiant la côte méditerranéenne, dont il trouve la lumière fascinante…

 

Avis Mektoub my love : Sea, Sex and Sun

avis mektoub my love

Pour son sixième long métrage, Abdellatif Kechiche (« La graine et le mulet », « La vie d’Adèle ») revient en très grande forme et livre ce qui est probablement à ce jour son projet le plus radical et audacieux. Le scénariste et réalisateur s’affranchit des contraintes narratives habituelles : dans « Mektoub, my love » c’est avant tout la célébration de l’instant présent et la liberté qui priment sur le scénario. Kechiche, qui aime jouer sur la durée dans la plupart de ses films, nous invite tout simplement à passer du temps auprès de ses personnages…

Nous sommes en 1994, à Sète, au bord de la mer. L’été bat son plein. Un groupe de filles et de garçons se forme sur la plage. Ils ont la vingtaine et viennent de tous horizons. Certains habitent dans le coin, d’autres sont en vacances. Des couples se font et se défont. L’un de ces jeunes, Amin, est plus en retrait. Il est beau garçon et attire les filles mais n’en profite pas car beaucoup trop timide et prévenant. Il vient d’abandonner ses études de médecine et écrit des scénarios dans l’espoir d’être repéré et de pouvoir devenir un jour cinéaste…

Pendant que son entourage passe son temps à faire la fête et se livre sans retenue aux plaisirs charnels, Amin préfère regarder seul dans la pénombre de sa chambre des classiques du cinéma en noir et blanc et version originale sous-titrée, ou encore s’adonner à son passe-temps favori : la photographie.

Dès l’ouverture du film le personnage d’Amin nous est présenté comme un observateur : il débarque en vélo à l’improviste chez sa meilleure amie d’enfance Ophélie qui loge dans une petite maison de pêcheur en bord de mer et devient témoin de l’adultère de la belle, qui trompe son fiancé -en mission sur le Charles de Gaulle- avec Tony, le cousin d’Amin. Au lieu de quitter pudiquement la fenêtre il reste planté là et observe l’ébat torride…

On peut y faire un parallèle avec le rôle du réalisateur qui consiste à observer ses protagonistes. Peut-être qu’Amin est la représentation de Kechiche lui-même durant sa jeunesse et que l’histoire de son parcours initiatique a un petit côté autobiographique ? Je n’en ai pas la certitude, mais c’est ce que le film laisse sous-entendre…

 

Avis Mektoub my love : Une véritable ode à la vie

Abdellatif Kechiche nous transporte trois heures durant dans ce qui s’apparente être une chronique lumineuse de sa jeunesse. Le film n’a l’air de rien sur le papier tant il s’affranchit de toute ossature narrative et dramatique, mais grâce à cette façon de capter la vie qui n’appartient qu’à lui, le cinéaste arrive à rendre le tout passionnant avec un naturel désarmant.

La grande force de la mise en scène c’est l’immersion qu’elle procure et ce dès les premières minutes. À partir du moment où l’on accepte le parti pris du réalisateur (dont le cinéma favorise principalement le ressenti) on ne peut que se laisser emporter au coeur de cet été méditerranéen. Désirs sexuels et élans sentimentaux ne cessent alors de grandir au gré des jeux de baignade et des sorties en boîte de nuit. Kechiche semble d’ailleurs toujours autant fasciné par les corps féminins et magnifie régulièrement, en gros plan, les poitrines et chutes de rein spectaculaires de ses actrices.

Son oeuvre fait également la part belle aux sentiments : naissants, cachés, non avoués mais néanmoins présents; ainsi qu’à la jeunesse, dans ce qu’elle a de plus beau mais aussi de plus cruel (trahisons, cachotteries et jalousie sont aussi de la partie). Le cinéaste observe mais ne juge pas.

 

Avis Mektoub my love : Un aspect formel et des interprétations irréprochables

On retrouve encore une fois cette façon de filmer au plus près des corps et des visages. La photographie est quant à elle à tomber et tire avantage de la luminosité procurée par le soleil estival : ce dernier, filmé souvent plein champ et à contre-jour, irradie littéralement le long métrage. « Mektoub my love » c’est aussi en quelque sorte une déclaration d’amour à la ville de Sète.

Du côté des musiques qui parsèment le film on trouve de tout et du très lourd : du classique comme de la musique électronique, notamment celle des années 90 avec le meilleur de la techno et de la house music de cette période. Il y a une playlist disponible ici en écoute libre. 

Comme à son habitude, Abdellatif Kechiche aime confier certains des rôles principaux à des acteurs non professionnels. C’est le cas avec Shaïn Boumedine (Amin) et Ophélie Bau (Ophélie). Ils sont tous les deux épatants de magnétisme et suscitent d’emblée une grande sympathie. Il en est de même pour l’ensemble du casting qui est absolument impeccable. L’implication est telle qu’on croirait être face à un documentaire tant le réalisme et la crédibilité des interactions sont de mise… Les acteurs sont dirigés avec un savoir-faire exemplaire.

 

Avis Mektoub my love : Conclusion

Gros gros coup de coeur pour ce dernier film fleuve d’un des cinéastes actuels les plus intéressants à suivre. Je n’ai pas vu les trois heures passer tant ce « canto uno » m’a captivé. Généreux, immersif, chaud comme la braise et lumineux : une sacrée énergie se dégage de ce long métrage…

Vivement le « canto due », car oui, il y a aura une suite, à priori différente du premier. Elle est même déjà en post-production et devrait faire son apparition au cours de l’année prochaine si tout va bien.

Le projet d’Abdellatif Kechiche est très audacieux : si ce qui constitue le deuxième volet de « Mektoub my love » est déjà filmé et en partie monté, le cinéaste aurait envie de réaliser dix autres films avec Shaïn Boumedine dans le rôle d’Amin, que l’on suivrait ainsi jusqu’à l’âge de 45 ans. Un projet dont l’ambition force le respect et qui je l’espère se concrétisera.

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