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Memories of Murder

sur Cinéma Autres films
Les plus
  • Le scénario béton
  • La mise en scène inspirée
  • Le mélange humour/noirceur
  • Les interprétations
  • Le final à couper le souffle
Les moins
  • Le raccord de plan cadavre/viande sur le grill qui fait cliché
Niveau
13
Memories of Murder édition collector limitée
34.99 € @ Fnac
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Avis :

memories of murder avis

 

Synopsis : Hwaseong. Corée du Sud. 1986. Le corps d’une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne environnante. Deux mois plus tard, de nouveaux crimes similaires ont lieu. Une unité spéciale de la police est alors mise en place, sous les ordres d’un policier local et d’un détective spécialement dépêché de Séoul.

 

Avis Memories of Murder : Un digne représentant du cinéma de genre

 

 

Sorti en France en 2004 et multi-récompensé dans la foulée au Festival du film policier de Cognac, Memories of Murder, seconde réalisation de Bong Joon-ho (The Host/Mother/Snowpiercer) est assurément une des plus grandes réussites du film de serial killer contemporain. Le jeune cinéaste décide avec ce long métrage d’évoquer une des affaires criminelles les plus sordides qu’ait connu son pays : entre Septembre 1986 et Avril 1991, dans la campagne avoisinant la petite ville de Hwaseong, dix femmes, âgées de 12 à 60 ans, furent sauvagement assassinées.

Le mode opératoire du tueur en série était à chaque fois identique : il violait ses victimes avant de les étouffer à l’aide de leurs sous-vêtements. Jamais élucidée malgré la mobilisation de millions de policiers et les auditions de dizaines de milliers de suspects, l’affaire de Hwaseong reste à ce jour le plus grand mystère criminel de l’histoire de la Corée. En se basant sur ce fait réel, Bong Joon-ho nous offre deux heures durant une véritable plongée dans les méandres de cette enquête.

Memories of Murder est un excellent polar mais aussi bien plus que cela. C’est l’oeuvre dans laquelle le réalisateur impose avec le plus de talent et d’originalité sa marque de fabrique, à savoir le mélange des genres et les ruptures de tons… Le long métrage commence de manière assez « classique » mais plus le récit avance plus Bong Joon-ho s’affranchit avec audace des codes du polar (tout en les respectant) pour proposer un film naviguant brillamment entre comédie loufoque, drame social et thriller nerveux. Le film est surprenant et parfois même déstabilisant car presque aussi drôle que noir. C’est cette dualité paradoxale qui fait (en partie) la singularité et la force de Memories of Murder.

 

Avis Memories of Murder : Prenant du début à la fin

 

L’écriture du scénario accapare Bong Joon-ho durant une année entière. Avant de rédiger quoi que ce soit il se consacre pendant six mois à faire des recherches sur l’affaire : il rencontre des enquêteurs, des journalistes, des habitants et se plonge dans les archives… Ces dernières lui permettent d’avoir accès à de nombreux éléments essentiels comme les photos des scènes de crime mais aussi les témoignages des toutes premières victimes qui avaient été sexuellement agressées mais pas tuées. Ce long et minutieux travail de recherche impose le respect et imprègne le film d’un réalisme quasi documentaire sur toute sa durée.

Comme tout bon polar, Memories of Murder ne se limite pas à une enquête. C’est aussi le portrait sans concession d’un pays, d’un gouvernement et de ses institutions… Les meurtres de Hwaseong se sont déroulés à une époque charnière, entre la fin de la dictature militaire et les débuts du nouveau régime démocratique. Pendant la période la plus active du tueur en série, la Corée du Sud imposait des exercices de défense civile tels que des couvre-feux. Nul doute que le meurtrier en a grandement profité, les forces de l’ordre étant systématiquement réquisitionnées pour ces exercices.

Bong Joon-ho en profite également pour dénoncer les gardes à vue durant lesquelles l’usage de la torture chez ces policiers ruraux -peu regardant sur les techniques d’interrogatoire et prêts à tout pour extorquer des aveux de la bouche des plus faibles- est monnaie courante. La présomption d’innocence ne fait probablement pas partie de leur vocabulaire… L’affaire criminelle authentique nous offre donc non seulement une enquête policière captivante, mais elle sert aussi à dépeindre la bêtise et l’incompétence des autorités et par extension celle du régime politique alors en place.

 

Avis Memories of Murder : Brillamment réalisé et interprété

 

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Je ne veux pas vous spoiler donc je préfère en dire le moins possible concernant le déroulement du film et me concentrer sur la l’aspect formel et le casting.

D’un point de vue mise en scène Memories of Murder est très maîtrisé : la gestion et la composition des plans impressionnent toutes les deux. Il en est de même pour le suspens, savamment dosé et entretenu. Sans oublier la photographie : rarement lumineuse, souvent très sombre mais toujours d’une grande rigueur esthétique… Seuls le début et la fin du film possèdent une dimension solaire, le reste est volontairement terne, fade, avec des couleurs dé-saturées qui opposent la Corée de 2003 (prologue et épilogue aux couleurs chaudes et saturées) à celle des années de dictature militaire (la partie 1986, soit la quasi-totalité du film).

Du côté des interprétations la barre est également très haute, notamment grâce à une distribution des rôles remarquable. Song Kang-ho prend volontairement du poids pour incarner ce policier rural fainéant, désordonné et persuadé de posséder un don surnaturel lui permettant de confondre les coupables du premier coup d’oeil. La description qu’en fait le cinéaste est hilarante, surtout quand l’enquêteur se persuade que le tueur n’a pas de poils pubiens (aucun poil n’est retrouvé sur les scènes de crime) et par conséquent décide de passer son temps au sauna en quête d’un homme au pubis glabre. Ou alors quand il a recours au chamanisme dans l’espoir d’obtenir des indices… Song Kang-ho deviendra en quelque sorte l’acteur fétiche de Bong Joon-ho puisqu’ils collaboreront de nouveau ensemble régulièrement : il interprétera le rôle bouleversant du père dans The Host ainsi que celui de l’ingénieur des systèmes de sécurité du train dans Snowpiercer.

Le rôle du détective de la ville qui vient prêter main-forte est confié à Kim Sang-kyung. On pense alors que l’enquête va simplement opposer les méthodes divergentes du détective des champs et celui de la ville et révéler les différences entre ville et campagne, modernité et tradition mais c’est sans compter sur l’intelligence du scénario qui contourne tous les clichés inhérents et fait évoluer aussi bien les personnages que le regard porté sur eux. Grande prestation de Kim Sang-kyung en flic rusé, méthodique et tourmenté qui finira lui-aussi par être complètement dépassé par les événements.

Les plus petits rôles assurent également bien comme il faut : un des flics ruraux (rangers militaires aux pieds !) a une spécialité que je vous laisse le soin de découvrir… Je suis plié en deux rien qu’à y repenser. Le personnage du jeune handicapé mental au visage brûlé, considéré à tort comme un des suspects, est aussi drôle que touchant. Celui qui deviendra le suspect principal, un jeune étudiant au visage d’ange mais à la froideur d’un serpent, glace le sang. Quant au tueur, il sera interprété par trois acteurs différents afin d’empêcher la moindre identification. Impossible de mentionner l’ensemble des personnages mais le talent et la crédibilité sont omniprésents.

 

Memories of Murder Avis : Conclusion

 

Avec Memories of Murder, Bong Joon-ho nous permet de voyager deux heures durant directement au coeur des ténèbres sud-coréennes. Difficile de décrire cette oeuvre ô combien singulière, à la fois très drôle, très touchante mais aussi très dérangeante. Une grande réussite sur toute la ligne qui confirmera son génie ainsi que celui de ses deux principaux interprètes.

Assurément un grand film ainsi qu’un des meilleurs polars qu’il m’ait été donné de voir. Il s’agit probablement de mon long métrage sud-coréen préféré avec The Chaser et I saw the devil.

Ce serait dommage de s’en priver, d’autant plus que c’est la première fois qu’il est proposé en haute définition ailleurs qu’en Corée du Sud (Bong Joon-ho a d’ailleurs pris part personnellement à la supervision de cette édition française). Quant au rapport qualité/prix/contenu du coffret collector, il est à mes yeux à la hauteur de l’oeuvre… Bon nombre d’éditeurs feraient bien de s’en inspirer !.

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