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Thelma

sur Cinéma Autres films
Les plus
  • La mise en scène
  • L'atmosphère
  • L'interprétation
  • La bande originale
Les moins
  • Le scénario qui s'éparpille
  • Le dernier tiers du film
Niveau
16
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Avis :

Synopsis : Thelma, une jeune et timide étudiante, vient de quitter la maison de ses très dévots parents, située sur la côte ouest de Norvège, pour aller étudier dans une université d’Oslo.
Là, elle se sent irrésistiblement et secrètement attirée par la très belle Anja.
Tout semble se passer plutôt bien mais elle fait un jour à la bibliothèque une crise d’épilepsie d’une violence inouïe. Peu à peu, Thelma se sent submergée par l’intensité de ses sentiments pour Anja, qu’elle n’ose avouer – pas même à elle-même, et devient la proie de crises de plus en plus fréquentes et intenses.
Il devient bientôt évident que ces attaques sont en réalité le symptôme de facultés surnaturelles et dangereuses. Thelma se retrouve alors confrontée à son passé, lourd des tragiques implications de ces pouvoirs…

 

Avis Thelma : Première incursion de Joachim Trier dans le fantastique

 

 

J’avais découvert le cinéaste norvégien Joachim Trier avec « Oslo, 31 Août », son deuxième film paru en 2011, qui lui avait permis à l’époque de se faire remarquer à l’échelle mondiale (notamment en France) dans divers festivals…

Son long métrage, librement inspiré du roman Le Feu follet écrit en 1931 par le français Pierre Drieu la Rochelle et déjà adapté au cinéma en 1963 par Louis Malle, dressait le portrait d’un jeune homme au bout du rouleau en concentrant l’intrigue sur les dernières heures de son existence à savoir un jour et une nuit.

Ténébreux et tétanisant de par sa forte intensité dramatique, « Oslo, 31 Août », que je vous conseille vivement de découvrir ou redécouvrir, m’avait laissé l’impression d’avoir vu non seulement un très bon film mais aussi d’avoir rencontré un réalisateur très prometteur.

C’était donc avec une certaine impatience que j’attendais Thelma, sorte de récit d’apprentissage qui explorerait les troubles de l’inconscient avec un petit côté film de genre/cinéma fantastique d’auteur qui n’abuserait pas d’effets spéciaux…

 

Avis Thelma : Un récit intriguant mais parfois déroutant et prévisible

 

 

L’ouverture du film est très captivante et énigmatique : on découvre une fillette qui avance pas à pas sur un lac gelé qui jouxte le domicile familial; elle accompagne son père à la chasse… Ils s’enfoncent tous les deux dans l’immensité d’une forêt toute proche quand, au loin, survient une biche. Le père fait signe à la petite fille de ne pas faire de bruit puis arme son fusil et le braque sur l’animal. Pendant qu’elle observe figée la pauvre bête en lui souhaitant très probablement autre chose que son triste sort; le père, sans qu’elle ne puisse le voir, retourne le fusil sur sa fille. Il ne trouve pas la force d’appuyer sur la gâchette, la biche s’éloigne, la fillette se retourne en souriant, toutes deux sont épargnées…

C’est avec cette entrée en matière particulièrement tendue, inquiétante et mystérieuse que débute le long métrage de Joachim Trier. À peine le temps de digérer cette introduction que l’on retrouve cette même petite fille une dizaine d’années plus tard sur le parvis d’une université d’Oslo. Thelma est devenue une jeune et jolie étudiante de vingt ans et a décidé de quitter la maisonnée familiale perdue dans l’immensité sauvage de l’arrière pays norvégien pour vivre et étudier la biologie dans la capitale.

Un jour comme un autre, à la bibliothèque universitaire, une ravissante jeune femme s’assied à côté d’elle. Elle se prénomme Anja. Thelma et elle échangent un regard, un sourire, puis tout à coup d’étranges phénomènes surviennent : un essaim de corbeaux survole le bâtiment de manière frénétique et l’un d’entre-eux vient briser le silence qui règne dans la pièce en se jetant contre la vitre. Les mains de Thelma se mettent à trembler, de plus en plus intensément, puis c’est son corps tout entier qui est pris de convulsions spectaculaires… C’est alors qu’elle perd tout contrôle, tombe à la renverse et fait ce qui semble être une violente crise d’épilepsie.

Alors que les recherches sur l’origine des crises semblent laisser perplexes les médecins, Thelma se découvre une attirance de plus en plus forte pour Anja et tombe amoureuse de la jeune femme. Ses convictions, son éducation religieuse ainsi que son homosexualité naissante et refoulée comblent d’effroi et tourmentent Thelma au point de l’exposer à des crises de plus en plus violentes et rapprochées…

Difficile d’en dire plus sans trop spoiler mais voici grosso modo et pour résumer le postulat du film : une jeune fille qui déclenche des pouvoirs surnaturels lorsqu’elle ressent certaines émotions comme l’amour/la haine/la colère/la jalousie et qui devra chercher au plus profond d’elle-même la vérité qui se cache derrière ces phénomènes inquiétants.

Le réalisateur emprunte alors différentes directions pour nous ramener à l’enfance de Thelma et nous expliquer le pourquoi du comment de l’ouverture du film mais le problème c’est qu’à force de vouloir brasser plusieurs thèmes à la fois (obscurantisme religieux des parents, besoin d’émancipation, découverte du désir et de la sexualité, comment s’accepter soi-même et comment être soi-même avec la famille et les autres etc) on a l’impression que Joachim Trier s’éparpille et perd le fil conducteur du récit jusqu’à un derniers tiers plutôt prévisible et pas franchement à la hauteur du reste.

J’ai regardé deux fois le film en une semaine afin d’en parler de la manière la plus objective que possible et même s’il est formellement irréprochable et interprété avec talent je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer certaines incohérences liées au scénario. Rien d’honteux mais on voit venir la plupart des enjeux dramatiques et des rebondissements, ce qui prive malheureusement Thelma d’accéder au statut de grand film…

 

Avis Thelma : Magnifiquement mis en scène et sobrement interprété

 

 

S’il y a bien deux choses essentielles à tout bon film et avec lesquelles le long métrage de Joachim Trier se distingue brillamment c’est avec une esthétique très travaillée combinée à une interprétation de qualité. Le réalisateur norvégien propose une mise en scène froide et léchée qui s’avère souvent impressionnante.

Thelma est composé de nombreuses visions rêvées ou cauchemardesques qui s’enchaînent sans perdre de leur beauté ni de leur intensité. L’une des plus belles étant cette scène durant laquelle la jeune héroïne se retrouve prisonnière d’une piscine. Je pense également à l’érotisme de l’étreinte entre les deux jeunes femmes et un serpent.

Le cinéaste décide de travailler pour la première fois au format CinemaScope. Il ne peut pas utiliser de zooms comme sur les autres dispositifs, ce qui l’oblige à trouver de nouvelles manières de filmer… Un véritable défi pour lui ainsi que pour Jakob Ihre, le directeur de la photographie, car les deux collaborateurs de longue date apprécient à la fois les plans rapprochés des personnages et d’autres très larges.

J’ai trouvé les deux hommes très à l’aise avec le format Scope, surtout quand il s’agit de cadrer Thelma dans divers lieux de vie sociale (parvis de la fac, amphithéâtre, bibliothèque, chambre d’étudiante, restaurant/bar/club/opéra), qu’elle soit seule (sentiment d’angoisse renforcé) ou accompagnée. L’excellent jeu d’Eili Harboe n’y est pas étranger…

Elle porte littéralement le film sur ses épaules et autant dire tout de suite qu’elles sont solides !. Eili Harboe ensorcelle la caméra avec une prestation toute en retenue qui ne cesse de fasciner et d’apporter de la profondeur à son personnage. La jeune actrice est capable de se montrer à la fois vulnérable et sensible puis sensuelle et vénéneuse. Un rôle très physique et difficile car le « sur-jeu » est vite arrivé, surtout lorsque l’on parle de scènes de convulsions et de spasmes. Le reste du casting (que ce soit Anja dont elle tombe amoureuse, sa famille ou encore le corps médical…) est également très bon.

Impossible de ne pas mentionner le travail sur l’ambiance sonore, en particulier celui effectué spécialement pour l’occasion par le musicien et compositeur Ola Fløttum. Pour sa quatrième collaboration avec Joachim Trier, l’artiste délivre une partition entêtante, mélancolique et inquiétante à souhait qui convient parfaitement à l’ambiance particulière du film. Vraiment un très très beau score qu’on peut écouter librement ici. On retrouve également des titres pop assez sombres comme « Feral Love » de Chelsea Wolfe, « Familiar » d’Agnes Obel ou encore la musique minimaliste de Philip Glass (« Symphonie n°2 »).

 

Avis Thelma : Conclusion

 

D’une élégance rare et remarquablement interprété, le dernier long métrage de Joachim Trier aurait pu être un très grand film si le scénario avait été mieux travaillé car comme je le disais plus haut le réalisateur a tendance à perdre le fil conducteur du récit en voulant évoquer plusieurs thèmes à la fois…

Si la dernière partie du film avait été moins prévisible et à la hauteur du reste et bien on tenait là une petite pépite qui aurait fait date dans l’histoire du cinéma de genre.

Malgré quelques écarts au niveau de l’écriture, Thelma reste bien meilleur et incomparable à bon nombre des productions surnaturelles/fantastiques contemporaines qu’on a la triste habitude de voir. Un film envoûtant et à l’aspect très soigné dans lequel la forme l’emporte hélas un peu sur le fond…

 

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