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16

Three Billboards

sur Cinéma Autres films
Les plus
  • L'histoire ponctuée d'humour noir
  • Le rythme
  • La réalisation simple et efficace
  • Le casting et l'interprétation
  • La bande originale de Carter Burwell
Les moins
  • L'environnement pas assez présent et exploité
  • La fin un peu frustrante à mes yeux
Niveau
14
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Avis :

Synopsis : Ebbing, dans le Missouri, État rural de l’Amérique profonde.

Après des mois sans que l’enquête sur le viol et la mort de sa fille n’ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en mains. Elle loue trois grands panneaux publicitaires à proximité de l’entrée de la ville et fait inscrire les messages suivants à l’encontre du Chef de la police locale : « Violée pendant son agonie », « Toujours aucune arrestation », « Comment est-ce possible Chef Willoughby ? ».

La télévision locale s’empare rapidement de ce geste spectaculaire qui divise la population, le Chef Willoughby étant quelqu’un de très apprécié au sein de la communauté. Pour Mildred, dont le désespoir n’a d’égal que la détermination, c’est la seule manière de relancer une enquête au point mort et de faire en sorte que le meurtre odieux de sa fille ne reste pas impuni…

 

Avis Three Billboards : Un film assez inclassable, entre drame puissant et comédie noire

avis three billboards

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri est le troisième long métrage  du cinéaste britannique Martin McDonagh, qui s’était déjà fait remarquer dans le passé avec l’excellent Bons baisers de Bruges et le quand même beaucoup moins bon voire franchement pas terrible Sept Psychopathes. Habitué à mélanger les genres sans complexe, il revient ici avec ce qui est probablement à ce jour son long métrage le plus sérieux/mature, et paradoxalement le plus imprévisible.

Le scénariste et réalisateur commence à écrire l’histoire de Three Billboards après avoir vu des panneaux de crimes non résolus au bord des routes américaines (ces mêmes panneaux que l’on peut apercevoir dans la saison 1 de la série True Detective par exemple) et adopte le point de vue d’une mère qui souffre d’avoir perdu, sept mois plus tôt, sa fille, victime d’un crime d’une violence inouïe.

McDonagh développe le personnage de cette femme, Mildred Hayes, avec Frances McDormand à l’esprit. Joel Coen, aîné de la fratrie et époux de longue date de Frances McDormand, la convainc d’accepter ce rôle qu’il estime lui aussi fait pour elle. Rien de très joyeux dans l’exposition développée plus haut dans le synopsis, pourtant le scénario arrive à offrir de nombreuses ruptures de ton toujours bien placées à l’aide de l’humour corrosif et bien british de son auteur, mais aussi grâce au portrait de cette Amérique des « rednecks » et de toute la sensationnelle galerie de personnages qui y vit.

Il ne faut pas du tout se fier au piètre titre français « Les panneaux de la vengeance » car il est très mal choisi et on ne peut plus réducteur. Three Billboards c’est bien plus qu’une simple histoire de vengeance. Avoir choisi ce titre est de mon point de vue clairement préjudiciable pour le film. Difficile d’en dire plus sans dévoiler une partie de l’histoire mais il y est aussi question de culpabilité, de justice et de pardon, sans toutefois tomber dans le manichéisme et la moralisation; Martin McDonagh ayant eu l’intelligence de soigner l’écriture de ses personnages, aussi bien leur humanité que leur part d’ombre.

 

Avis Three Billboards : Un aspect formel sobre et efficace…

avis three billboards

La mise en scène est impeccable et se met vraiment au service du contenu. Le réalisateur ne fait pas dans le « tape à l’oeil » et c’est tant mieux car ce n’est pas le but. On notera tout de même un superbe plan-séquence en milieu de film qui m’a vraiment collé au siège de par sa grande maîtrise technique. Il est de courte durée mais vraiment dévastateur. Spoil assuré si j’en parle de façon plus détaillée mais je vous garantis qu’il fait vraiment mal…

Le seul reproche que j’ai à faire concernant la mise en scène, c’est peut-être vis-à-vis de l’environnement qui -je trouve- n’est pas suffisamment mis en avant. On le ressent assez peu finalement, car peu de choses sortent du cadre. Ce ne sont pas les somptueux paysages qui manquent pourtant, comme l’atteste « la partie de pêche » au bord de la rivière Missouri. C’est probablement moi qui divague faute d’avoir encore en tête l’immensité sauvage du film Wind River de Taylor Sheridan… La photographie (parfois grisâtre et le plus souvent « naturelle ») colle parfaitement à Three Billboards et accentue l’impression de réalisme. On est à des années lumières des couleurs flashy/artificielles de Sept Psychopathes par exemple.

Du côté de l’ambiance musicale, la magnifique et discrète bande originale signée Carter Burwell (connu pour ses nombreuses collaborations avec les frères Coen et déjà à l’oeuvre sur Bons baisers de Bruges ainsi que Sept Psychopathes) donne au film un air de western qui lui va à ravir. On appréciera les contrepoints souhaités par McDonagh qui n’hésite pas à accompagner une scène très violente d’une musique douce et innocente (le plan-séquence en est le parfait exemple). Façon de faire pas révolutionnaire mais toujours aussi efficace.

 

Avis Three Billboards : …au service d’un casting cinq étoiles

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Très clairement, le gros point fort de Three Billboards est incontestablement l’interprétation qui est irréprochable et excellente, du plus petit rôle jusqu’au plus grand. Frances McDormand est géniale dans le rôle de cette femme qui n’a plus rien à perdre et ne renonce jamais. Woody Harrelson est lui aussi très touchant en Shérif de la ville compréhensif et bienveillant mais incapable d’avancer un tant soit peu sur l’enquête faute d’ADN… Sam Rockwell, adjoint du Shérif aux allures de redneck raciste, et dont les principaux passe-temps sont les comics, l’alcool et le lynchage à coups de matraque, est à la fois détestable et hilarant du fait de sa stupidité crasse.

Ce que j’aime beaucoup avec McDonagh à propos de son traitement des personnages, c’est qu’il brouille sans cesse les pistes : il nous présente les individus de façon à ce que l’on pense pouvoir estimer qui ils sont d’un point de vue psychologique puis, d’un seul coup, un revirement dans le comportement, une simple phrase prononcée, une situation font que subitement le regard porté sur eux change du tout au tout. C’est assez remarquable et singulier, qui plus est avec le cinéma « hollywoodien » contemporain.

L’autre traitement que j’apprécie particulièrement de la part du scénariste et réalisateur c’est celui accordé à sa galerie de seconds rôles qui n’est pas en reste elle aussi. On sent qu’il aime le moindre de ses personnages au point de leur accorder à tous une certaine importance à un moment donné (« Jerome » le colleur d’affiches interprété par Darrell Britt-Gibson (The Wire) en est le parfait exemple). Caleb Landry Jones en jeune chef de l’agence publicitaire qui passe son temps à reluquer sa secrétaire confirme tout le bien que je pensais déjà de lui (Mad Love in New York). Même chose pour John Hawkes (Deadwood), Zeljko Ivanek (OZ), Peter Dinklage (GOT), Clarke Peters (The Wire/Treme), Brendan Sexton III (The Killing version US) sans oublier Samara Weaving (The Babysitter) et Abbie Cornish (Limitless).

 

Avis Three Billboards : Conclusion

avis three billboards

J’ai beaucoup aimé Three Billboards Outside Ebbing, Missouri qui nous offre la chronique assez surprenante d’une petite ville typiquement américaine dans laquelle chaque personnage a ses raisons. Un film assez difficile à classer : entre drame, polar, western moderne et comédie noire…

Si je suis dans l’ensemble très satisfait de mes deux visionnages (sublimés par un Blu-Ray de compétition) et absolument pas surpris par l’avalanche de récompenses obtenues, la fin l’empêche pour ma part de lui donner le statut de chef-d’oeuvre car j’ai quelques réserves concernant cette dernière. Je ne la trouve pas assez à la hauteur de tout ce qui précède et un peu frustrante… Comme toujours cet avis n’engage que moi et je n’ai fort heureusement pas l’apanage du bon goût.

La troisième réalisation de Martin McDonagh vaut assurément le coup d’oeil malgré quelques petites maladresses, ne serait-ce que pour l’originalité dont elle fait preuve, son rythme qui fait qu’on ne voit pas le temps passer sans oublier l’infinie richesse de son interprétation.

 

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