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16

Wind River

sur Cinéma Autres films
Les plus
  • L'histoire simple mais efficace
  • La mise en scène
  • Le rythme
  • L'environnement
  • Le casting
Les moins
  • Parfois prévisible
  • Personnages féminins un peu en retrait
Niveau
14
Wind River en Blu Ray édition limitée steelbook
13.15 € @ Amazon
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Avis :

Cory Lambert (interprété par Jeremy Renner) est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage et enneigée du Wyoming, état le plus faiblement peuplé des Etats-Unis.

 

Les habitants de la réserve font -un jour comme un autre- appel à lui pour éliminer des pumas qui s’en prennent au bétail…
 En les traquant, il découvre le corps étendu sur la glace, gelé et violenté d’une jeune amérindienne appartenant à la tribu locale. Littéralement morte de froid, pieds nus et faiblement vêtue alors que les habitations les plus proches se trouvent à plusieurs dizaines de kilomètres.
 
Le FBI, chargé de l’enquête, dépêche son agent le plus proche en la personne de Jane Banner (interprétée par Elizabeth Olsen), une jeune recrue. L’autopsie révèle que la victime a subi un viol avant de mourir de froid dans cet enfer glacé.
 Fortement lié à la communauté amérindienne, Cory -dont cette macabre découverte ravive de douloureux souvenirs en lui- va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

 

Avis Wind River : Une histoire réaliste, glaçante et émouvante

avis wind river

Ce film américain sorti fin Août dernier dans nos salles et disponible maintenant en support physique est la première réalisation d’un des scénaristes les plus intéressants à suivre actuellement.
Ce dernier, du nom de Taylor Sheridan, ne nous est pas inconnu car il a déjà à son actif les scripts des très bons longs-métrages que sont Sicario et Comancheria.
Les nombreux fans seront ici en terrain conquis : pensé dans la continuité des deux précédents films, Wind River est ce que Taylor Sheridan qualifie de conclusion à la trilogie qu’il a écrite sur le thème de la frontière américaine moderne.

 

Le premier chapitre, Sicario, abordait l’épidémie de violence le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, quand le second, Comancheria, se concentrait sur le choc entre richesse et pauvreté dans l’Ouest du Texas. Le dernier chapitre, Wind River, explore ce qui constitue sans doute le plus grand vestige et échec de l’Amérique : la réserve amérindienne.

 

Les trois films conservent les mêmes qualités : le portrait réaliste et touchant de personnages abîmés par la vie, l’immersion dans des territoires sauvages et brutaux, qui constituent à eux seuls des ennemis pour celles et ceux qui peinent à y survivre sans oublier dans ce cas présent l’évocation des démons de la nation américaine, sans jugement, sous la forme d’un simple constat.

 

Le cinéaste propose un regard vrai sur certains problèmes qui sont endémiques dans les réserves indiennes bien que pourtant largement ignorés : grande pauvreté, alcoolisme, toxicomanie et violences faites aux femmes sans oublier des « disparitions » non élucidées toujours plus nombreuses…
Il s’agit la plupart du temps de territoires gigantesques et inhospitaliers que la police tribale -en sous-effectif- peine à sécuriser et sur lesquels l’appareil d’Etat n’a aucun contrôle.

Avis Wind River : Une mise en scène atmosphérique, soignée et tendue

avis wind river

 

On redoute toujours le passage derrière la caméra d’un auteur talentueux et réputé car tout bon scénariste ne s’avère pas forcément bon réalisateur. Force est de constater que Taylor Sheridan réussi cette transition de la plus belle des manière.
Contrairement à de nombreux films réalisés par des scénaristes ou écrivains, Wind River ne tombe pas dans le piège de la narration surchargée de dialogues, le réalisateur préférant se concentrer sur la mise en scène et l’aspect filmique, en soignant l’exposition du récit avec une grande maîtrise.

 

Taylor Sheridan se considère comme un cinéaste naturaliste qui fait tout son possible pour saisir le monde tel qu’il est et s’assurer qu’il soit un personnage à part entière dans ses histoires, pour la simple et bonne raison qu’il l’est également dans nos vies.
Le réalisme est très important pour lui c’est pourquoi il s’efforce de rendre le paysage aussi présent dans ses récits que dans nos quotidiens. Il est de ceux qui parviennent en quelques plans seulement à ancrer leur histoire : environnement/personnages, deux éléments qui semblent le plus compter à ses yeux.

 

Le film démarre par une froide nuit de pleine-lune avec un plan large sur une étendue forestière glacée qui semble ne pas avoir de fin. La poudreuse du Wyoming remplace aujourd’hui la poussière du Texas.
On aperçoit une jeune femme qui peine à courir dans une neige épaisse, le souffle coupé, pieds-nus et peu vêtue, partie précipitamment d’on-ne-sait-où dans l’espoir de fuir quelque chose de manifestement très dangereux.
Dans le même temps un poème mélancolique nous est récité en voix-off, c’est celui d’une jeune fille qui rêve de plaines fleuries et ensoleillées. Le sol, d’un blanc poudreux et immaculé, ne le restera pas longtemps avant que son sang d’un rouge écarlate ne vienne l’entacher…
En l’espace de quelques instants seulement, le décor est planté et le spectateur captivé : la caméra reste à bonne distance, évitant le voyeurisme sans toutefois masquer la violence.

 

La réserve de Wind River est l’équivalent d’un enfer glacé dans lequel il est très difficile -pour les hommes comme pour les bêtes- de survivre et d’évoluer…
L’esthétisme propre aux paysages naturels vierges et majestueux permet d’appuyer et de contraster avec brio la violence et la noirceur de l’histoire. Taylor Sheridan l’a bien compris et fait de cette immensité un des piliers et aussi un des nombreux dangers du film en nous offrant des plans aussi sublimes qu’inquiétants.
Larges ou aériens, ils sont magnifiés par le travail du directeur de la photographie Ben Richardson qui s’était déjà illustré avec Les bêtes du Sud Sauvage et la moiteur des bayous de Louisiane.
(excellent rendu du transfert Blu Ray, un sans faute respectueux de l’oeuvre qui mérite d’être souligné).

 

Du style, du rythme, de la précision, de la rigueur, de l’efficacité et de la surprise.
Comme en témoigne le flashback bien amené qui permet au spectateur de revivre et comprendre le moment clé d’ouverture de film évoqué plus haut, suivi d’un Mexican standoff* (voir note en bas de page) d’anthologie que n’aurait pas renié Sam Peckinpah pour le tournage de la Horde sauvage (The Wild Bunch).

 

Au niveau de l’ambiance sonore on retrouve les mélodies froides et inquiétantes des talentueux Nick Cave et Warren Ellis, habitués du « genre » pour avoir déjà signés les OST de The Proposition, L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, La Route, Des hommes sans loi ou encore Comancheria.

 

Avis Wind River : Un casting pertinent, des interprétations exemplaires

avis wind river

Pour donner le change à cet univers implacable, Taylor Sheridan fait le choix judicieux de nous proposer un casting tout en force et en vulnérabilité. Jeremy Renner est à cet égard parfait dans le rôle de Cory Lambert, cet homme qui a traversé la souffrance et accepté de lui faire face plutôt que de la réprimer. Il fallait à Taylor Sheridan un acteur possédant un registre de jeu extrêmement large et une grande subtilité afin d’incarner toutes les nuances du personnage, et Jeremy Renner a réussi avec brio.
Jusqu’ici remarqué dans des seconds rôles ainsi que dans des blockbusters, il trouve avec Wind River un rôle à la hauteur de son talent et offre peut-être sa meilleure composition.

 

Elizabeth Olsen convainc également en jeune enquêtrice du FBI prise de court. Elle donne vie à son personnage avec justesse, délivre une prestation touchante avec sa volonté de « bien faire » dans cet environnement qui n’est pas le sien. J’espère que l’on aura l’occasion de la voir plus souvent au cinéma et dans autre chose que des blockbusters, en passant je me permets de conseiller le sublime film « Martha Marcy May Marlene« , sorti en 2011 et dans lequel elle tient le rôle principal.

 

Au niveau des seconds rôles masculins on trouve les toujours impeccables Jon Bernthal, Eric Lange, Graham Greene, et Gil Birmingham. La grande force du casting se situe également au niveau des acteurs amérindiens dont certains sont non-professionnels et habitants de la réserve.
Ils connaissent donc extrêmement bien ce monde et sont capables de donner vie à leurs personnages comme il se doit.

 

Kelsey Asbille, actrice moins connue qui interprète la jeune victime du film est parfaite : elle représente la jeunesse, l’espoir et l’amour dans un environnement qui en manque cruellement…

 

Avis Wind River : Conclusion

avis wind river

En franchissant le pas de la réalisation avec ce qu’il considère être un western moderne dans lequel la motoneige remplace les chevaux, Taylor Sheridan délivre une oeuvre humble, sauvage et puissante, redoutable d’efficacité et aussi profondément humaine à travers le regard digne et sans jugement qu’elle porte sur les gens, notamment sur cette communauté amérindienne laissée pour compte…

 

Film noir, revenge movie, thriller, polar, western moderne : Wind River appartient à cette catégorie de longs métrages qu’il est très difficile de classer. S’il est aujourd’hui un cinéma qui nous parle des Etats-Unis contemporains sans artifice et sans détour, c’est celui de Taylor Sheridan, dont l’étiquette de « scénariste de » ne doit pas occulter un réel talent de réalisateur.

 

Remplit de scènes visuellement et émotionnellement marquantes et porté par un casting entièrement dévoué, Wind River est à mes yeux une franche réussite qui vaut assurément le coup d’être vue.

 

*  Mexican Standoff : L’impasse mexicaine (en Français) est une situation entre au moins deux individus ou groupes d’individus se menaçant mutuellement et durant laquelle aucun n’a intérêt à attaquer le premier.

En effet, éliminer un de ses opposants mettrait en danger le ou les personnages vis-à-vis des autres antagonistes. La stratégie gagnante consiste à attendre qu’un autre agisse, bloquant ainsi tout action.
Par extension, cela désigne toute situation durant laquelle les acteurs ont intérêt à maintenir le statu quo, y compris lorsque celui-ci leur est défavorable, plutôt que de tenter un mouvement qui risquerait d’aggraver la situation.
La difficulté vient du fait que revenir en arrière pour sortir de la situation est aussi dangereux que d’essayer d’avancer.
Le point important dans l’apparition de tels cas est le fait que les acteurs impliqués soient d’une force égale.
Le terme est fréquemment utilisé dans la culture populaire, notamment au cinéma. Les films d’action et leurs dérivés ont parfois recours à ce procédé qui tend à intensifier le caractère explosif et dramatique d’une scène-clé entre protagonistes et antagonistes.On le retrouve souvent chez Sergio Leone, Sam Peckinpah, John Woo, Quentin Tarantino pour ne citer qu’eux.

 

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