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16

« Ça » : chapitre 1

sur Films à l'affiche Cinéma
Les plus
  • L'histoire intemporelle
  • La direction artistique
  • L'ensemble du casting
  • La dynamique de groupe
  • Le rythme
Les moins
  • Trop de jumpscares et de screamers
  • La peur pas assez subtile et insidieuse
Niveau
21
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Avis :

! Peut contenir des spoilers !

 

Synopsis : Fin des années 80.Plusieurs disparitions d’enfants sont signalées dans la petite ville de Derry, dans le Maine.

Au même moment, une bande d’adolescents doit affronter un clown maléfique et tueur du nom de Grippe-Sou, « le clown dansant », qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants.
Bien décidés à rester soudés, les sept adolescents regroupés au sein du « club des ratés » tentent de surmonter leurs peurs les plus profondes afin d’enrayer ce nouveau cycle meurtrier.
Cycle qui a commencé un jour de pluie, lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier flottant dans le caniveau s’est retrouvé face-à-face avec le clown Grippe-Sou…

 

Avis Ça : Un film de genre réussi…

avis ça

 

Pour commencer je tiens à préciser que je n’ai ni lu le roman de Stephen King, ni vu la mini-série américaine parue en 1990. Et pour couronner le tout je n’ai pas vu « Mama » le premier film d’horreur (paru en 2013) du scénariste et réalisateur argentin qu’est Andrés Muschietti.
Mon avis concernant « ça » : chapitre 1 version 2017 (qui n’est pas une reprise de la première adaptation de 1990 mais bel et bien une réadaptation de la nouvelle de Stephen King) sera donc le plus « vierge » possible…

 

Dans une petite ville paisible des Etats-Unis, un jour de pluie, deux enfants jouent.
Le plus grand des deux frères, malade et contraint de rester au sec, a fabriqué un bateau en papier pour que le plus petit puisse le faire naviguer dans le cours d’eau qui s’est formé dans le caniveau…

 

Il s’empresse d’enfiler son ciré jaune puis le pose sur l’eau, court après dans la rue pour le rattraper mais tombe suite à un choc à la tête avec une barrière de chantier.
Etant entraîné par la vitesse du courant, le petit bateau en papier glisse dans une bouche d’égout.
L’enfant, en voulant le récupérer, a la surprise de se retrouver nez-à-nez avec un clown.

 

Il se présente comme étant Grippe-Sou, « le clown dansant » , et propose au petit garçon de tendre la main afin de récupérer son bateau, mais au moment de le saisir, le clown lui attrape le bras et lui mord violemment, l’arrachant entièrement et d’un seul coup de dents.
Le petit garçon rampe sur la route dans une mare de sang, essayant de se sauver, mais Grippe-Sou l’attrape par la jambe et l’emporte avec lui dans les égouts…

 

Quelle séquence d’ouverture : simple, sobre et solide. Prévisible et inattendue à la fois, d’une violence sèche et d’une efficacité redoutable. Terriblement marquante car le réalisateur était parvenu, quelques instants plus tôt, à rendre crédible l’amour et la tendresse qu’éprouvaient les deux frères l’un pour l’autre.

 

Une terrifiante réussite et entrée en matière pour la figure démoniaque incarnée par Bill Skarsgard et peut-être à mes yeux le moment le plus marquant du film avec plus tard la scène des « diapositives ».

 

Avis Ça : …mais dans l’air du temps

avis ça

 

Après la réussite de la séquence d’ouverture on était en droit d’attendre quelque chose de très dérangeant voire même d’effrayant mais j’ai trouvé que le côté horrifique/angoissant était trop souvent désamorcé par l’utilisation abusive des « jumpscares » (= procédé consistant à faire sursauter le spectateur) et des « screamers » (= un visage effrayant accompagné d’un hurlement) ce qui de mon point de vue est assez dommage. On est plus souvent dans le registre du « spectaculaire à tout prix » que de la peur distillée insidieusement de manière subtile…
Certains « jumpscares » peuvent être justifiés mais l’utilisation presque constante de ce procédé nuit à l’effet de surprise et au sentiment d’inquiétude constant.

 

Je caricature mais en gros ça donne à peu près ça : grosse montée de son avec musique assourdissante peu originale (de grosses basses stridentes) + jumpscare + silence + retour du jumpscare.
Au final on s’y habitue car c’est comme si on était « prévenu » et je trouve ça franchement dommage que ce soit « téléphoné » à ce point, c’est cela dit le seul défaut vraiment notable du film pour ma part.

 

J’imagine que le réalisateur n’y est probablement pour rien, que c’est une volonté marketing des studios à laquelle il a probablement dû se soumettre étant donné que le procédé est à la mode depuis quelques années…
Je n’ai pas compté, peut-être qu’il n’y en a pas plus que dans d’autres productions récentes du genre mais tout de même suffisamment pour que ça me dérange car je m’attendais quand même à ne rien voir venir et par conséquent à paniquer un peu plus seul dans le noir en écoutant le film avec le casque…

 

La scène (super inventive et brillamment rythmée) de projection des « diapositives » en milieu de film fera remonter le trouillomètre bien haut cela dit, et tout le reste est fort heureusement très bon et soigné, que ce soit l’histoire, la reconstitution, les décors, le casting, la photographie, sans oublier le principal : les personnages et Grippe-Sou.

 

Avis Ça : Un club des ratés attachant face à un clown incarné avec conviction

 avis ça

 

La grande force du film c’est très clairement le groupe d’adolescents renommé pour l’occasion « le club des ratés ». Les différents personnages sont tous très bien écrits, les mômes sont drôles et vulgaires (c’est tordant de les entendre se chambrer, parler un langage grossier accompagné de « F*ck »  ou de « Shut Up ! » et compagnie) tout en étant touchants. Ils sont au début du film solitaires car mal-aimés, souffre-douleur des plus grands et plus fort qu’eux, victimes de ce que les adultes et le monde leur imposent : le deuil, le harcèlement, l’inceste, la peur de la maladie, les premières relations amoureuses…

 

Le co-scénariste et réalisateur Andrés Muschietti offre à chacun d’entre eux une belle place dans le récit. J’ai même envie de dire que ce que l’on perd en moments flippants on le gagne avec la bande tant cette dernière donne du plaisir à voir et à suivre…
Une réussite incontestable d’autant plus que nos losers sont nombreux, ce qui conduit le metteur en scène à jongler entre les personnages comme un équilibriste mais il s’en sort haut la main, aidé par de jeunes acteurs talentueux et bien dirigés.

 

Mention spéciale à Finn Wolfhard dans le rôle de Richie, Jaeden Lieberher dans le rôle de Bill, sans oublier Sophia Lillis dans le rôle de Beverly. Ce serait trop long de tous les mentionner mais j’ai vraiment bien aimé également Jeremy Ray Taylor qui est parfait dans le rôle de Ben le « rondouillet ».
Quoi qu’il en soit on est tout de suite embarqué dans leurs aventures et l’envie constante de les rejoindre, d’être avec eux afin de participer est bien présente tout au long du film. Une excellente dynamique de groupe, pas évidente à mettre en place et qui constitue à mes yeux un des gros points forts de ce chapitre 1…

 

« Tu veux un ballon ?En bas nous flottons tous, viens flotter avec nous… »
Bill Skarsgard assure en clown sanguinaire, le personnage de Grippe-Sou est très réussi : costume, maquillage, sourire, voix, façon de se tenir et de se déplacer. Il donne vie au monstre grâce à un investissement total dans le « personnage », bien aidé par les effets numériques, les images de synthèse et la mise en scène.
Comme je n’ai pas vu la mini-série je ne peux le comparer à son prédécesseur incarné par Tim Curry mais très franchement reprocher quoi que ce soit à l’attirail du Grippe-Sou version 2017 relève du pinaillage…
Il est sans doute moins « humain » que son prédécesseur mais ça ne m’a pas dérangé étant donné que Grippe-Sou est censé traverser les années, ça lui confère une aura surnaturelle qui colle bien à l’incarnation des peurs intemporelles des enfants.

 

Avis Ça : Une direction artistique exemplaire

avis ça

L’autre atout majeur du long-métrage est l’aspect formel toujours impeccable avec un soin apporté à tous les niveaux. L’histoire se situe à la fin des années 80, en ouverture de film quand Bill et Georgie construisent le bateau en papier on peut voir des affiches des films Gremlins et Beetlejuice qui trônent fièrement dans la chambre, ensuite quand la bande se balade en centre-ville il y a un cinéma qui projette Batman, L’arme Fatale 2 et Freddy 5.

 

J’ai bien aimé ces petits clins d’oeil tout comme le fait que Richie soit accro’ à la borne d’arcade et que Ben dissimule tant bien que mal son « fanboyisme » pour le boys band « New Kids on the Block » (le moment durant lequel la bande se retrouve dans sa chambre et que Beverly découvre le poster sur le mur de la porte m’a bien fait rire tout comme le fait que Ben se dépêche d’arriver dans sa chambre le premier pour débarrasser le plancher de ses nombreuses revues qu’on imagine classées X…).
La coupe « mulet » de l’harceleur de service et terreur du collège Henry Bowers vaut son pesant de cacahuètes elle aussi. Le côté « rétro » ne m’a pas semblé intégré de manière artificielle, au contraire..

 

Parlons un peu de la photographie, autre point fort du film… Avec le coréen Chung-hoon Chung on a droit à quelque chose de tout simplement resplendissant : directeur de la photographie attitré de Park Chan-wook depuis Oldboy (rien que ça !) et avec un palmarès allant de Thirst en passant par Stoker et Mademoiselle, ce dernier confirme une nouvelle fois qu’il est l’un des plus talentueux de sa génération…
Son travail est un régal constant pour les yeux, bien mis en valeur par un transfert Blu-Ray tout simplement parfait.

 

Il faut avouer que le travail du directeur de la photographie est également bien aidé par des décors somptueux. Si on peut reprocher à la maison de Neibolt Street ses airs de Disneyland, et bien il n’en est rien pour l’antre du clown dans les égouts. Quelle claque lors de la descente du puits et de la découverte de la tour constituée des mômes en flottaison…
Même si le numérique est passé par là ça n’en reste pas moins magnifique d’inventivité.

 

Comme dit plus haut (et cela reste totalement subjectif) je n’ai pas particulièrement apprécié la musique composée par Benjamin Wallfish (Dans le noir, Annabelle 2, A Cure for Life), notamment lors des scènes d’assaut de Grippe-Sou. Cependant quel régal dans les moments plus calmes comme au tout début du film par exemple lorsque la maman de Bill et Georgie jouent du piano , ou même à la fin.
Je conseille d’ailleurs à tous de rester jusqu’aux dernières notes du générique de fin, une petite « surprise » vous attendra…

 

Avis Ça : Conclusion

 

Avec ce chapitre 1 Andrés Muschietti livre un film d’épouvante qui, sans sortir des sentiers battus, n’en reste pas moins efficace et très plaisant à suivre.
Le film m’a emporté, je n’ai ressenti absolument aucun ennui malgré les 02h15 de long métrage et ne connaissant pas l’univers et le background du film (roman, mini-série) je dois avouer que la surprise fut d’autant plus bonne et que ça m’a donné envie de lire la nouvelle de Stephen King incessamment sous peu.

 

Du travail sérieux qui je pense aurait pu être vraiment extraordinaire si Cary Fukunaga (réalisateur de l’intégralité des épisodes de True Detective saison 1 !), qui avait écrit le scénario (il est toutefois crédité durant le générique de fin) et qui était à la base chargé de la réalisation de cette réadaptation, n’avait pas dû abandonner le projet à trois semaines du tournage suite à des désaccords d’ordre artistique avec la production…

 

Grâce aux excellents acteurs, à l’atmosphère, la direction artistique irréprochable sans oublier l’ingéniosité de la mise en scène (exception faite des jumpscares et screamers) le film mérite amplement le coup d’oeil et je l’espère donnera lieu à une suite encore meilleure dans les années à venir…

 

La réadaptation est pour ma part franchement réussie, «Ça » tient la route et même plus encore !

 

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