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L’au-delà

sur Classiques Cinéma
Les plus
  • La mise en scène
  • La photographie
  • La musique de Fabio Frizzi
  • Le gore sans retenue
Les moins
  • La pauvreté des dialogues
  • Certaines situations et interprétations
Niveau
63
L’au-delà en Blu-Ray + DVD + Livret
29.99 € @ Fnac
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Avis :

Synopsis : La Nouvelle-Orléans en 1927. Le peintre Schweick se fait lyncher, dans un hôtel, par la population, pour avoir peint une fresque représentant l’Enfer. Quelques cinquante ans plus tard, Liza Merril hérite de cet hôtel et entreprend de le rénover… Mais, très vite, des événements tragiques succèdent les uns aux autres et les ouvriers meurent dans des circonstances mystérieuses. Liza fait la connaissance d’Emily, une jeune aveugle, qui la met en garde contre ce lieu maudit : l’hôtel abriterait une des sept portes de l’Enfer dont le peintre martyr serait le gardien.

Avis L’au-delà : Un digne représentant du cinéma gore italien

avis l'au-delà

 

L’au-delà est le premier film de Lucio Fulci que je découvre, c’est aussi le plus réputé apparemment… Si le cinéaste tourna beaucoup (plus de 50 longs-métrages à son actif en trente années de carrière), et ce au gré des modes du cinéma populaire italien (réalisant à la fois des comédies, du giallo et même quelques westerns), c’est avec le genre fantastique et plus particulièrement l’horreur qu’il remporta ses lettres de noblesse.

Tourné en 1981 avec un budget dérisoire (on parle de moins d’un demi-million de dollars), L’au-delà est le film qui va définitivement asseoir la réputation de « Poète du macabre » du réalisateur. Il se livre ici au gore le plus morbide à travers une véritable ode à la pourriture et à la décomposition. Âmes sensibles s’abstenir devant cette poésie lugubre aussi dégueulasse que réjouissante.

 

Avis L’au-delà : Une oeuvre sur laquelle l’atmosphère l’emporte sur tout le reste

avis l'au-delà

 

L’interprétation n’est clairement pas le meilleur atout du film : le jeu des acteurs est très limité, l’épaisseur des personnages aussi fine que du papier à cigarette. Le scénario ne brille pas non plus étant donné qu’il est aussi simple que ça : un hôtel est construit sur une des sept portes de l’Enfer, il sépare ainsi le monde des vivants de celui des morts, mais un jour, les portes sont ouvertes par erreur. Fulci l’avoue lui-même : il n’y a pas de logique à chercher et l’on pourrait presque dire que c’est un film quasiment sans intrigue avec une maison, des hommes, et des morts qui viennent de l’au-delà.

Alors que son long-métrage aurait dû être impacté par les quelques points faibles évoqués plus haut, Fulci réussit tel un équilibriste à empêcher L’au-delà de devenir un maître-étendard du nanar, notamment en appliquant la définition la plus stricte du genre fantastique : on se perd, on tourne en rond, on assiste à des scènes paraissant incohérentes -avec comme l’impression que le scénario s’est fait la malle en cours de route- mais l’ensemble conduit toujours à un but précis.

Le cinéaste italien confère au film une atmosphère unique qu’il parvient à imposer dès les premiers plans, tournés en sépia. Le prologue avec l’arrivée des villageois en pleine nuit à l’hôtel en est le parfait exemple : Fulci se sert du bayou situé à proximité pour faire arriver les villageois en colère sur des pirogues et a la brillante idée de leur faire tenir des torches qui se reflètent à merveille sur l’eau. Le tout plongé dans une brume accentuée par les générateurs de fumée qui vient sublimer l’aspect onirique de son introduction.

La mise en scène tutoie les sommets, surtout en ce qui concerne les cadrages, la photographie et la musique inquiétante spécialement composée pour l’occasion par Fabio Frizzi. Dommage que Fulci se soit laisser aller à plusieurs erreurs grossières comme un panneau « Do not entry » au lieu de « Do not enter »; un personnage principal tentant de recharger son flingue directement par le canon ou une mygale en plastique beaucoup trop visible parmi les vraies. Avec le budget dérisoire le nombre de prises devait être très serré… Heureusement plusieurs idées de génie parsèment le film, comme la rencontre avec la femme aveugle et son chien en plein milieu d’une immense autoroute désertique qui traverse l’océan ou encore la conclusion de toute beauté.

Les séquences chocs sont quant à elles nombreuses et variées, toujours frappantes et recherchées. Même si les trucages ont forcément pris un coup de vieux il n’en reste pas moins une ambiance craspec, pesante et nauséeuse. Ce n’est pas du gore qui donne envie de rire, c’est celui qui donne envie de vomir… Fulci s’en donne à coeur joie dans les sévices avec une ultra-violence qui force parfois à détourner le regard. Difficile d’en dire plus sans spoiler mais c’est rempli de moments crades, malsains et mémorables.

 

Avis L’au-delà : Conclusion

Putride et onirique, la réalisation de Fulci marque durablement les esprits. Même si elle n’est évidemment pas parfaite, ses nombreuses qualités l’emportent sur ses quelques défauts.

On ne peut qu’imaginer le chef-d’oeuvre qu’aurait été le film s’il avait pu bénéficier d’un budget confortable ainsi que d’une écriture plus soignée.

En tout cas L’au-delà m’a suffisamment impressionné pour avoir envie de découvrir le reste de sa filmographie; en espérant que l’édition à venir de Frayeurs soit à la hauteur de celle-ci qui est remarquable aussi bien d’un point de vue éditorial que technique.

 

 

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