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To Live and Die in L.A. (Police Fédérale Los Angeles)

sur Classiques Cinéma
Les plus
  • Sombre, nerveux, maîtrisé.
  • Réalisation remarquable.
  • Photographie sublime.
  • Ambiance L.A. version 80's garantie.
  • Interprétations au diapason.
Les moins
  • J'ai beau chercher je n'en trouve pas...
Niveau
30
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Avis :

Police Fédérale Los Angeles : Une oeuvre noire, majeure et intemporelle

 

avis police federale los angeles

 

Après avoir signé avec French Connection LE polar culte et définitif des années 70, William Friedkin (à qui l’on doit en plus du chef d’oeuvre cité précédemment des films tels que L’exorciste, Sorcerer : le convoi de la peur ou encore le plus récent Killer Joe pour ne citer qu’eux) remettra le couvert avec la même maestria lors de la décennie suivante pour To Live and Die in L.A., -sublime titre original- piètrement traduit en français par « Police Fédérale Los Angeles ».

 

L’histoire : William Petersen incarne l’agent Richard Chance, flic tête brûlée et fier de l’être qui, avec son coéquipier et meilleur ami Jim Hart (Michael Greene), enquêtent tous deux sur un cruel et impitoyable faussaire passé maître dans la reproduction de faux billet et inondant L.A. tout entier de ces derniers…
Le faux-monnayeur, un dénommé Rick Masters (Willem Dafoe), les nargue depuis trop longtemps et représente la seule ombre au tableau du duo.

 

Jim Hart, pourtant à quelques jours de la retraite, est prêt à tout pour le mettre sous les verrous et ainsi accrocher la tête manquante de Masters à côté de celles de ses autres trophées  de chasse.
Pour ce faire, il tente une opération de « reconnaissance » en solitaire pensant avoir trouvé l’entrepôt qui sert de « lieu de travail » au faussaire…

 

Masters, bien plus rusé qu’il n’y parait, le surprend et l’abat froidement.
Chance en fait une affaire personnelle et obsessionnelle et décide de venger son ancien partenaire en mettant la main sur Masters par tous les moyens, quel que soit le prix à payer…

 

En partant d’une intrigue de film policier on ne peut plus classique (le flic qui cherche à venger la mort de son coéquipier), William Friedkin décide de faire peu à peu disparaître les frontières déjà bien étroites entre Bien et Mal au travers d’un affrontement mémorable entre deux personnages principaux totalement antagonistes.

 

En guise d’enquêteur : Richard Chance, interprété par un William Petersen en mode « cow-boy version 80’s » : jean moulant, bottes et veste en cuir, lunettes de soleil « aviateur » et toute la panoplie…
William Friedkin prend d’emblée le parti d’en faire le pire cliché possible du flic casse-cou qui se la pète et ne fait que prendre de mauvais choix.

 

Son principal hobby : miser sa vie en sautant à l’élastique (plutôt un câble attaché à la cheville !) du haut des nombreux ponts de la ville en échange de tournées d’alcool payées par les collègues au bar du coin de la rue.
Un ridicule et une inconscience qui collent finalement parfaitement au personnage…

 

En guise de criminel : Rick Masters, le diable incarné par un Willem Dafoe complètement possédé, au tempérament glacial et à l’attitude réfléchie, prudente et sournoise. Il est à des années lumières du malfrat de base ou de l’agité de service, c’est même un individu plutôt sophistiqué, avec un goût prononcé pour les arts.

 

Peintre talentueux qui va jusqu’à brûler ses propres toiles aussitôt terminées, en quête d’une perfection complètement illusoire…Willem Dafoe arrive avec subtilité à prendre des expressions angéliques voire même limite « efféminées » pour mieux nous tromper.Il est en quelque sorte l’expression de la virtuosité du crime à lui tout seul, capable d’élever la fabrique de fausse monnaie au rang d’art, en étant à la fois charmeur, envoûtant et séduisant mais aussi particulièrement terrifiant quand il s’agit de défendre ses intérêts.

 

On sent qu’il peut (malgré les apparences) basculer dans une violence sèche et foudroyante qui peut frapper n’importe qui à n’importe quel moment…D’un côté le flic tête brûlée qui ne cherche qu’à venger coûte que coûte son ancien partenaire quitte à outrepasser la loi qu’il s’était jusqu’à présent toujours chargé de -faire- respecter et de l’autre le criminel calculateur et sans merci au machiavélisme aiguisé comme une lame.

 

L’affrontement savamment concocté par William Friedkin entre ces deux personnalités fascinantes (leur seul point commun étant de vouloir servir leur propre intérêt avec une certaine froideur) sera dévastateur et les précipitera aux portes de l’Enfer. Ce qui est certain et qui se devine très rapidement ici c’est qu’il n’y aura pas de happy-ending car comme le titre original l’indique : To Live and Die in Los Angeles…

 

Avis Police Fédérale Los Angeles : Une vraie leçon de réalisation 

 

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William Friedkin avait déjà placé la barre très haut quelques années plus tôt avec French Connection (le film est souvent cité pour sa scène la plus célèbre qui est celle de la longue course-poursuite en pleine circulation New-Yorkaise entre une voiture et…une rame de métro aérien !!!). Considérée à l’époque (et encore aujourd’hui) comme l’une des plus grandes scènes de poursuite de l’histoire du cinéma américain (et du cinéma tout court d’ailleurs), Friedkin, qu’on pensait pourtant avoir atteint les sommets de son art, ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin…

 

Véritable exploit technique (environ 6 semaines de tournage pour une séquence d’approximativement 10 minutes au total) il nous propose un enchaînement de courses poursuites infernales entre de multiples véhicules sous le feu des balles, que ce soit à travers des entrepôts style Marché de Gros (slaloms entre les camions) ou encore le long de la « L.A. RIVER » (dont le chenal bétonné est tellement à sec qu’on dirait des égouts) et comme si le tout ne suffisait pas il fallait continuer sur l’autoroute à grande vitesse, à contre-sens, avec camions et voitures en circulation !!!
Je ne sais pas si une séquence pareille pourrait être tournée de nos jours compte-tenu de son extrême dangerosité…
Elle a d’ailleurs été filmée au dernier moment pour parer à l’éventualité d’une blessure. Rien vu de semblable jusqu’à maintenant pour ma part, de la folie à l’état pur qui colle parfaitement aux intentions ainsi qu’à la mentalité des différents protagonistes du film. Poursuite d’anthologie qui marquera à jamais l’esprit des cinéphiles en plus de faire date dans l’histoire du Cinéma…

 

En plus d’un réalisateur au sommet de son art, le travail du directeur de la photographie (également remarquable) mérite tout autant d’être salué. Robby Müller (qui avait officié un an auparavant dans le sublime Paris, Texas de Wim Wenders) dépeint un Los Angeles des 80’s tel que l’on pourrait se l’imaginer : d’un côté une ville branchée/stylée et très clinquante/lumineuse/ensoleillée tout en étant aussi un environnement très sale/métallique/toxique/bétonné et carbonisé. L’envers du décors d’une « cité des Anges » qui n’aura jamais aussi mal portée son nom…

 

Une immersion garantie dans cette immensité qu’est L.A. entre les néons des club de strip-tease, les terrains vagues, casses et friches industrielles sans oublier les lofts de yuppies et nombreuses voies ferrées et freeway/autoroutes tentaculaires.

 

Travail sur le son qui colle parfaitement à l’époque avec des compositions du groupe new-wave Wang Chung. Compositions faîtes de synthétiseurs qui rythmeront les presque deux heures de long-métrage. Il est vrai qu’aujourd’hui elles peuvent sonner un peu « retro » voire « kitsch » mais elles collent parfaitement à l’ambiance du film ainsi qu’à la splendeur de l’introduction au rythme de la fabrication minutieuse de faux billet (le beat est synchro’ avec la presse) et au générique de fin… Quoi qu’il en soit rien ne sonne faux dans tous les cas, Friedkin a découpé et monté certains passages pour qu’ils collent à la musique et non l’inverse.

 

Avis Police Fédérale Los Angeles : Conclusion

 

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Oeuvre majeure de la filmographie de William Friedkin, ce polar urbain sans concession est à mon humble avis aux années 80 ce que Heat de Michael Mann est aux années 90 : un film culte à la fois déroutant et indispensable que l’on apprécie avec un plaisir intact à chaque visionnage… Violent, nerveux et d’une noirceur éclatante, il ne laisse pas indemne.

 

Une fois encore, le réalisateur arrive à obtenir le meilleur de son équipe et en particulier de ses comédiens alors que presque tous (sauf les « anciens ») débutaient : Willian Petersen, John Pankow, Willem Dafoe, sans oublier John Turturro ainsi que la vénéneuse Debra Feuer. Interprétations au diapason pour tous y compris les vieux « roublards » que sont Michael Greene et Dean Stockwell.

 

Tout est maîtrisé avec classe et précision, du scénario à la photo’ en passant par les dialogues et la bande-son.
Rien n’est laissé au hasard. Remarquable de A à Z, ce film repoussant sans cesse les frontières du Bien et du Mal jusqu’à l’indistinction n’a pas pris une ride…

 

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