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The Deuce Saison 1

sur US Séries
Les plus
  • L'aspect formel tout entier
  • La reconstitution
  • L'écriture
  • Le casting
  • L'interprétation
Les moins
  • Devoir attendre pour connaitre la suite
Niveau
172
The Deuce saison 1 en Blu-Ray
6.99 € @ E.Leclerc
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Avis :

Synopsis : New-York, début des années 70

Dans les boutiques spécialisées, un autre cinéma se vend sous le manteau : des films pornographiques un peu cheap, tournés à la chaîne, avec de minuscules moyens. Mais bientôt, tout cela va changer…

Aux premières loges de cette révolution culturelle, deux frères jumeaux : Vincent et Frankie Martino, propriétaires de bars servant de couverture aux mafieux du coin et Candy, prostituée en quête de liberté, visionnaire courageuse à l’écoute des évolutions de son époque. Cette nouvelle production de la chaîne de télévision américaine Home Box Office (que l’on ne présente plus) nous plonge dans le quotidien sulfureux de la 42e Rue de Manhattan, située entre Broadway et la Huitième avenue et surnommée par les locaux « The Deuce ». S’y croisent des prostituées, leurs proxénètes, des truands, des mafieux, les flics (corrompus ou non) qui tentent de faire respecter un semblant d’ordre et aussi des gens honnêtes (restaurateurs, serveurs, étudiants, journalistes) qui ne cherchent qu’à gagner de quoi vivre et ramener un peu d’argent à la maison…Tout un univers dont les habitudes vont être bouleversées avec l’émergence de l’industrie du X.

 

Avis The Deuce saison 1 : Une nouvelle série HBO au potentiel énorme

 

avis the deuce critique

 

Avec The Wire, ils nous permettaient d’explorer la ville de Baltimore dans ses moindres recoins à travers le trafic de drogue, la criminalité et ceux qui la vivaient au quotidien.

Avec Treme, ils choisissaient de rendre hommage à La Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina, alors que les résidents de la ville : musiciens, chefs-cuisiniers et Indiens de Mardi Gras essayaient tant bien que mal de reconstruire leur vie, leur culture unique et leur quartier.

Avec The Night Of, on était pris en tenaille dans les rouages implacables du système judiciaire américain.

Avec The Deuce, David Simon, George Pelecanos et Richard Price (à qui l’on doit l’écriture de quelques-unes des plus belles pages de l’Histoire des séries télévisées) remontent le temps et décident de s’attaquer à une Big Apple des Seventies plongée dans la tourmente : entre Amérique qui s’enlise au Vietnam, French Connection qui fait des ravages, fins de mois difficiles faites de débrouilles et magouilles et révolution culturelle qui donnera naissance à une industrie où l’outil de travail est le travailleur lui-même.

Malgré le sujet annoncé la série ne cède pas au voyeurisme : les premiers épisodes n’évoquent quasiment pas le porno et l’on comprend très rapidement que l’essentiel ne sera pas là…Comme pour The Wire, Treme et The Night Of, les trois scénaristes proposent avant tout la peinture réaliste et immersive d’un système à travers un lieu et une époque, une sorte de « fresque sociale » qui, comme à leur habitude, est pourvue d’une infinie justesse et richesse thématique en plus d’être intemporelle. On nous parle à nouveau de l’Amérique de la rue, la vraie : celle des laissés-pour-compte, celle qui marque les esprits…

 

Avis The Deuce saison 1 : Une reconstitution bluffante doublée d’une direction artistique exemplaire

 

avis the deuce

 

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : la reconstitution d’époque de ce quartier de New-York sale, dépravé, et paradoxalement envoûtant est à mes yeux tout simplement parfaite.

La première chose qui frappe en regardant le début de l’épisode pilote et qui constituera par la suite l’atout majeur de la série c’est la direction artistique impressionnante et irréprochable : des petites ruelles glauques, sinistres, crasseuses et fumantes au gigantesque Times Square en passant par les hôtels lugubres et miteux sans oublier les cinémas et peep-shows, restaurants bondés du coin de rue « à l’américaine », bars à l’ambiance « jazzy et funky » (Curtis Mayfield, James Brown, Lafayette Gilchrist, Marvin Gaye pour ne citer qu’eux dans cette bande-son à tomber), sans oublier les voitures et les tenues vestimentaires…C’est bien simple rien ne sera laissé au hasard.

Sentiment d’authenticité permanent, avec comme l’impression de se retrouver devant un film de Martin Scorsese (Mean Streets, Taxi Driver) ou encore de William Friedkin (French Connection)
Sauf qu’à la différence des trois longs métrages cités précédemment et pour lesquels les réalisateurs « n’avaient qu’à » utiliser l’environnement déjà existant pour capter l’atmosphère, il a fallu à la production de The Deuce quasiment tout reconstruire afin d’obtenir l’ambiance bien particulière de cette Big Apple version Seventies.

Immersion garantie, bien aidée non seulement par un travail de documentation prodigieux mais aussi par un transfert blu-ray de toute beauté qui ne se montrera jamais défaillant malgré les nombreuses scènes filmées dans la pénombre et la nuit.

Nombreux sont celles et ceux ici-même qui possèdent des séries au format blu-ray de ce studio (Game Of Thrones, Banshee, The Wire, Quarry pour ne citer qu’elles), vous connaissez donc aussi bien que moi leur savoir-faire en matière de transfert et d’encodage vidéo…The Deuce, disponible maintenant en support physique, ne déroge pas à la règle.

 

Avis The Deuce saison 1 : Une mise en scène sobre et soignée au service de l’écriture

 

Loin de tout artifice et du spectaculaire (pas de plan-séquence de 6 minutes « à la True Detective saison 1 épisode 4 par exemple », la mise en scène proposée par les différents réalisateurs se voudra simple, élégante et discrète tout au long des 8 épisodes que compte cette première saison. Avec The Deuce c’est avant tout les dialogues et l’écriture qui doivent être mis en avant.

Le choix de confier la réalisation de la moitié des épisodes à des femmes s’avère également très pertinent, notamment (et ce n’est là que mon opinion) en ce qui concerne le fait de filmer les scènes de sexe, jamais gratuites mais qui au contraire servent le récit…Etant donné le sujet et l’époque dans laquelle on vit je pense qu’il était primordial, habile et judicieux de faire ce choix.
Quel plaisir de retrouver la très talentueuse Michelle MacLaren aux commandes du premier épisode de presque 90 minutes ainsi qu’à la réalisation de fin de saison (season finale de 70 minutes).

Découverte pour ma part grâce à Breaking Bad, on lui doit certains des meilleurs épisodes de la série mythique de Vince Gilligan (« Salud », « Madrigal« , « Règlements de comptes à To’hajiilee » pour ne citer qu’eux).

James Franco, en plus d’être au coeur de l’histoire (via son interprétation des frères jumeaux Vincent et Frankie Martino), réalisera également avec brio deux épisodes.

Les autres réalisateurs et réalisatrices sont également de sacrées pointures (je vous laisse consulter la page IMDb de l’équipe de The Deuce si besoin est : http://www.imdb.com/title/tt4998350/fullcredits?ref_=tt_cl_sm#cast)

Comme je disais plus haut, c’est avant tout le travail des scénaristes qui doit primer. Si les dialogues ciselés sont d’une grande puissance, c’est aussi parce qu’ils sont prononcés et sublimés par un casting entièrement dévoué.Les nombreux personnages (y compris les moins « sympathiques ») sont tous plus complexes et fascinants les uns que les autres, profondément humains et émouvants aussi bien dans leurs faiblesses que dans leurs forces…On passe d’une personne à une autre, d’une tranche de vie à une autre, sans pour autant se perdre en chemin.

 

Avis The Deuce saison 1  : Un casting mémorable qui emporte tout sur son passage

 

avis the deuce

 

Honneur aux dames : la véritable révélation de cette saison 1 c’est incontestablement Maggie Gyllenhaal. La soeur aînée de Jake tient probablement là le plus beau rôle de sa carrière ainsi qu’un des plus beaux rôles féminins de l’histoire des séries télévisées. Son incarnation de la prostituée Candy est remarquable, elle crève l’écran à chacune de ses apparitions. Elle joue le rôle le mieux écrit c’est vrai mais aussi le plus difficile…

Candy est la seule prostituée indépendante de la 42e Rue de Manhattan, la seule qui a le courage de tenir tête et d’envoyer promener les nombreux maquereaux qui ne cessent de la convoiter comme une tête de bétail qu’on ajouterait à un cheptel…
Elle n’a qu’une envie c’est de quitter la rue et ses passes sordides, entre besoin perpétuel de liberté et garde de son enfant à récupérer. Le chemin est long, semé d’embûches, mais malgré toutes les difficultés rencontrées au cours de ces 8 épisodes son personnage n’aura de cesse d’évoluer. Le spectateur progresse en même temps qu’elle : c’est d’ailleurs à travers Candy et sa tentative de reconversion que l’intrigue avance et que la pornographie s’installe petit à petit dans le récit.

Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler mais il est intéressant de découvrir cet univers du X à travers son regard, celui d’une femme, dans une industrie qui n’en est qu’à ses balbutiements et qu’on peut sans peine imaginer comme étant misogyne, habile contrepied de la part des scénaristes…

Les femmes en général et aussi l’avenir et l’évolution des prostituées tiennent une place importante dans l’histoire de The Deuce, c’est pourquoi il faut à la série des actrices capables d’incarner avec talent, conviction et justesse ces travailleuses du sexe : Emily Meade, Dominique Fishback, Pernell Walker, Jamie Neumann, Maggie Gyllenhaal, même s’il ne s’agit pas de grandes actrices hollywoodiennes on ne peut qu’être étonné de les voir aller aussi loin…Respect à elles, il y a de l’Emmy Awards dans l’air !
Du côté des hommes on a droit à deux James Franco pour le prix d’un : acteur que j’apprécie particulièrement depuis la série Freaks and Geeks, il gère admirablement ce double rôle des frères jumeaux Martino, l’un (Vincent) étant un honnête tenancier de bar travailleur et l’autre (Frankie) une sorte de loser attachant bien qu’un peu instable (vadrouilleur, endetté jusqu’au cou car accro au jeu, les truands du coin qui lui courent tous après, coureur de jupons, vous voyez le tableau…).

Les personnages masculins sont tous excellents et pour la plupart de vieilles connaissances. Quelle joie de retrouver une partie des acteurs de The Wire ou d’autres productions du studio comme The Sopranos, Banshee, Treme, Quarry et compagnie. Voir Method Man du Wu-Tang Clan dans la peau d’un maquereau ça n’a tout simplement pas de prix…
Juste pour le fun et rien qu’avec d’anciens perso’ de The Wire : on retrouve Slim Charles en chef cuisto, Chris Partlow en maquereau, D’Angelo Barksdale en flic 100% réglo, Maurice « Maury » Levy en commissaire, Lester Freamon en proxo-mentor retiré des affaires, Frank Sobotka en beau-frère des jumeaux Martino etc etc.

Belle surprise également que le mac C.C. incarné par Gary Carr, je n’avais jamais entendu parler de cet acteur britannique (Meurtres au Paradis, Downton Abbey), il faut reconnaître qu’il a la classe lui aussi. La scène de « l’aéroport » quand il parle avec un autre maquereau de sa stratégie de recrutement tout en faisant son « marché » est juste d’anthologie…Celle de « l’escalier » également mais pas pour les mêmes raisons, contraste saisissant.

 

Avis The Deuce saison 1 : Conclusion

 

avis the deuce conclusion

 

Vous l’aurez compris gros gros potentiel pour cette nouvelle production HBO que j’ai dévoré en trois jours à peine et qui m’a marqué de bout en bout.
Au terme des 8 épisodes qui constituent cette première saison le résultat est sans appel : c’est fort, très fort même, elle s’impose d’emblée comme ce qui se fait de mieux actuellement du côté des séries télévisées…On se laisse facilement porter par l’ambiance, la puissance du récit ainsi que par la virtuosité de la mise en scène, le tout soutenu par des acteurs et actrices remarquables et inoubliables…

La dernière création de David Simon, George Pelecanos et Richard Price a déjà tout d’une future grande série aux ambitions énormes et maîtrisées. On sent que les scénaristes ont une idée bien précise de ce que la série doit devenir et que le chemin est déjà tout tracé…
Pour faire simple : vivement la saison 2, je viens à peine de quitter The Deuce que j’ai déjà envie d’y retourner !

Laisser un commentaire 2 commentaires
Niveau 225
Héros Légendaire

Salut. 😉 Très bonne critique tu as quasiment tout soulevé.

Excellente série et je pèse mes mots, je n’ai toujours pas vu The Wire (honte à moi) qu’on ne présente plus et qui figure au panthéon des séries TV mais ce David Simon est un génie, c’est incroyable de réussir à passionner sur un sujet aussi délicat et qui peut être casse gueule. Il y a une profondeur d’écriture qui est bluffante et magistrale, ça transpire les anecdotes, le vécu. À mi chemin entre le documentaire et la fiction.

Du côté du casting, comme souvent avec HBO c’est un sans faute avec pas mal de gueules déjà aperçues et loin d’être fan de James Franco il faut reconnaître qu’il tient la baraque en interprétant ces 2 jumeaux. Mention à l’acteur qui joue le pimp CC aussi effectivement.

Clairement la série de l’année 2017 pour moi.

Niveau 142
Héros Légendaire

Hello.

Merci beaucoup de m’avoir lu et merci aussi d’avoir pris le temps de me donner ton retour encourageant.

Il n’est jamais trop tard pour découvrir The Wire au contraire, pas de honte à avoir.Je n’ai pour ma part vu que quelques épisodes seulement de GOT il y a des années, pas un seul de Vikings, une saison à tout casser de Six Feet Under, Boardwalk Empire et Gomorra et j’ai Rome qui commence à prendre la poussière sur l’étagère etc etc.

David Simon est un génie c’est clair, son travail quel que soit le support (livres/romans/séries TV) est toujours extrêmement documenté…Il en est de même pour ses collaborateurs de longue date que sont George Pelecanos et Richard Price.

Le rendu est tellement réaliste que quasi documentaire comme tu dis.On ne peut être qu’admiratif devant tout le travail accompli (je crois avoir lu quelque part que c’est un technicien de l’équipe du tournage de Show Me a Hero qui a dit à David Simon quand ils tournaient à New-York il y a quelques années « il faut que je te présente telle personne elle a des choses à te raconter qui pourraient t’intéresser… ».La personne en question c’est celle jouée par James Franco.

Je pense qu’ils ont tous une idée très précise du déroulement de la série et qu’elle pourrait donner quelque chose de grandiose sur le long terme si HBO renouvelle sa confiance.

Je n’ai pas encore vu The Handmaid’s Tale (La Servante écarlate) qui sort le mois prochain en blu-ray et dont j’ai hâte de parler ici mais une chose est sûre The Deuce est tout comme toi ce que j’ai vu de mieux ces derniers temps (avec The Night Of, Utopia et la prometteuse Mindhunter).

PS : Je n’ai pas mentionné le générique pourtant sublime de The Deuce comme c’est un peu « la marque de fabrique/signature » de HBO mais on tient là l’un des meilleurs du format, classe de chez classe !.

PS 2 : Voir et entendre les pimps endimanchés (C.C. le premier) théoriser sur l’économie de marché et le nombre de passes réalisables par temps de pluie me manque déjà 😀 .