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18

The Handmaid’s Tale saison 1

sur US Séries
Les plus
  • L'originalité de l'histoire
  • L'aspect formel tout entier
  • Le casting
  • L'interprétation
Les moins
  • Devoir attendre pour connaitre la suite
Niveau
25
The Handmaid’s Tale saison 1 en Blu-Ray
34.99 € @ Fnac
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Avis :

Synopsis : Dans un proche futur, la combinaison de pollutions environnementales et de maladies sexuellement transmissibles a entraîné une baisse dramatique de la fécondité qui a pour conséquence un taux de natalité extrêmement bas.

Les « Fils de Jacob », une secte politico-religieuse, en a profité pour prendre le pouvoir, détruisant la Maison-Blanche, la Cour suprême et le Congrès lors d’attentats commis sous fausse bannière ayant pour but de mettre le pays à genoux puis de perpétrer un coup d’Etat. Dans cette version dystopique et totalitaire des Etats-Unis devenus la République de Gilead, les dissidents, les homosexuels et tous ceux qui n’adhèrent pas ou refusent de se soumettre à l’idéologie du pouvoir en place sont éliminés. Les relations hommes/femmes obéissent dorénavant à des règles très strictes. Alors que les hommes occupent toutes les positions du pouvoir, les femmes ont été démises de leur statut de citoyennes à part entière.

Désormais elles ne peuvent ni travailler, ni posséder d’argent, ni être propriétaires, ni lire. Elles sont catégorisées selon leur fonction : les Epouses (habillées en vert) sont les femmes des dirigeants autoproclamés Commandants, les Martha (vêtues de gris) s’occupent de la maisonnée et les Servantes (en rouge écarlate) sont uniquement dédiées à la reproduction, sous la surveillance rigide des Tantes (en uniforme vert kaki). Les Servantes sont affectées au sein des familles dirigeantes, jusqu’à ce qu’elles mettent au monde pour ces dernières les enfants tant désirés.

 

Avis The Handmaid’s Tale saison 1 : Une nouvelle série terrifiante, révoltante et passionnante

avis the handmaid's tale saison 1

 

La nouvelle série télévisée américaine diffusée au cours de l’année dernière sur la plateforme de vidéo à la demande Hulu (humble concurrente de Netflix, assez peu connue chez nous) et disponible maintenant en support physique, est une adaptation du roman du même nom écrit par la canadienne Margaret Atwood en 1985.

On suit le parcours de June (brillamment interprétée par Elisabeth Moss), jeune mère et épouse kidnappée par les soldats de la République de Gilead alors qu’elle tentait d’échapper au coup d’Etat en fuyant vers le Canada, avec son mari Luke et leur fille Hannah. Suite à son arrestation, elle est séparée de ses proches et conduite au Centre Rouge, sorte de « centre de formation » des futures Servantes dirigé d’une main de fer par l’impitoyable et cruelle Tante Lydia (interprétée par Ann Dowd) qui n’hésite pas à se servir de la violence la plus sadique qui soit pour qu’on lui obéisse.

June y découvre que le nouveau pouvoir en place a décidé de faire des rares femmes encore fertiles l’équivalent de « mères porteuses » pour les puissantes familles ne pouvant plus avoir d’enfants. Elle se retrouve affectée au domicile des Waterford, chez qui on lui donne le nom d’Offred, qu’on peut traduire littéralement en français par « De Fred » et qui signifie tout simplement « propriété de » Fred Waterford (interprété par Joseph Fiennes), un des Commandants les plus puissants de la République de Gilead… Celui-ci est marié à la belle Serena Joy (interprétée par Yvonne Strahovski), considérée comme stérile.

Chaque mois, durant la période d’ovulation, les Servantes sont contraintes de se livrer à une « cérémonie » : des rapports sexuels imposés avec leur Commandant et en présence de l’épouse. Elles sont dépossédées de leur corps, privées de leur identité et passent de couple en couple pour être fécondées par le mari afin de leur offrir un bébé… Ces viols ritualisés n’ont pour seul but que de donner des héritiers et des héritières au pouvoir en place afin de garantir son avenir et sa stabilité.

C’est donc à travers les yeux de la Servante Offred, qui dans sa vie passée de mère de famille mariée ordinaire se nommait June, que l’on découvre cet univers glaçant, puissant, révoltant et cauchemardesque, qui prend aux tripes et nous envahi lentement… Comment ont-ils bien pu en arriver là ? La réponse vient par bribes, au fil des épisodes, avec des flashback bien amenés et la voix off de June qui viendront témoigner de ce basculement progressif de toute une société démocratique vers la tyrannie la plus abjecte.

 

Avis The Handmaid’s Tale saison 1 : Une mise en scène à l’esthétique très soignée

avis the handmaid's tale saison 1

 

La réalisation est très maîtrisée et marque le spectateur dès les premiers instants de l’épisode pilote. L’univers présenté est trouble, pesant, étouffant, anxiogène… Les premiers plans nous transportent directement aux côtés d’Offred : on partage son intimité, la caméra la regarde droit dans les yeux et filme au plus près d’elle avec une très faible profondeur de champ qui permet de nous faire ressentir et d’accentuer son enfermement. On entend, en voix off, ses commentaires terriblement glaçants sur la situation dans laquelle elle se trouve.

Une grande froideur règne sur toute l’histoire ainsi que sur la photographie. La construction picturale et géométrique de certaines scènes fait tout de suite penser à un tableau : il y a toujours ce soin très précis accordé au cadrage et cette façon de jouer avec l’éclairage notamment dans les intérieurs sombres. Les couleurs quant à elles sont en général très contrastées et fracassantes surtout en ce qui concerne les tenues vestimentaires : les différentes catégories de femmes sont ainsi reconnaissables au premier coup d’oeil. Excellent rendu du transfert Blu-Ray, les 10 épisodes d’approximativement 50 minutes sont répartis sur trois disques, donc aucun soucis de compression à l’horizon.

Le costume des Servantes est constitué d’une longue robe rouge écarlate et d’une coiffe blanche qui les empêche de voir correctement ce qui se passe autour d’elles, et les pousse à se méfier encore plus des regards extérieurs. Ici tout le monde se surveille, le sentiment de paranoïa est constant et justifié par la menace permanente de la police secrète du pouvoir en place que l’on appelle « Les Yeux ». Redoutables et imprévisibles, ils parcourent chaque recoin du pays dans des fourgonnettes noires et s’infiltrent où bon leur semble pour faire respecter les fondamentaux de Gilead. Personne ne sait réellement qui sont ces agents, qui pourraient les envoyer se tuer à la tâche dans les « Colonies » en manipulant des déchets toxiques à mains nues jusqu’à ce que mort s’en suive , ou encore les faire pendre au bout d’une corde le long de la pile d’un pont.

La violence de la série est psychologique mais aussi physique : chaque pas de travers est vivement sanctionné par les Tantes par exemple. Cela dit la violence n’est pas magnifiée, elle est même le plus souvent hors-champ et n’apparaît donc pas dans le cadre de l’image. Toutefois il vaut mieux être averti avant visionnage car certaines scènes peuvent se révéler difficilement soutenables pour les âmes les plus sens sensibles. La brutalité frappe sans prévenir, notamment dans les premiers épisodes qui contiennent quelques horreurs visuelles flagrantes que je me garde de raconter pour ne pas vous spoiler.

The Handmaid’s Tale est un petit bijou visuel mais aussi musical. Préparez donc vos yeux mais aussi vos oreilles car la bande-originale composée par Adam Taylor est excellente. La série ne serait pas aussi époustouflante sans ce remarquable travail du compositeur. L’ambiance est le plus souvent glaçante mais aussi remplie d’espérance : Offred se bat, d’abord en silence, puis de plus en plus concrètement, pour continuer d’exister… L’espoir est la meilleure façon pour elle de survivre en attendant une possible rébellion. Adam Taylor mélange violons, pianos et basses à des arrangements électroniques ambient du plus bel effet. La série se permet même quelques ruptures de ton (lors des flashback notamment) avec des morceaux d’artistes comme The Knife, Peaches, Blondie, Cigarettes After Sex, Kylie Minogue ou encore Nina Simone.

 

Avis The Handmaid’s Tale saison 1 : Des interprétations fascinantes et renversantes

avis the handmaid's tale saison 1

 

La très talentueuse Elisabeth Moss s’offre avec The Handmaid’s Tale son plus beau rôle à ce jour : celui de June devenue Offred, esclave sexuelle de la République de Gilead. Si elle a accepté d’incarner à l’écran l’héroïne du roman dystopique de Margaret Atwood, c’est à condition de devenir également productrice de la série avec un pouvoir de décision sur l’ensemble du processus créatif : investie depuis le choix des comédiens et réalisateurs jusqu’au ton de l’adaptation, Elisabeth Moss excelle et donne le meilleur d’elle-même avec une justesse incroyable.

Déjà bluffante dans Mad Men et Top of the Lake, elle hypnotise à chacune de ses apparitions et démontre toute l’étendue de son talent avec une palette d’émotions tout simplement indénombrable : la terreur, la tristesse, la colère, le dégoût, la haine mais aussi l’espoir, l’amour, la volonté de survivre et de se battre qui conduira inexorablement à l’insurrection. Elle conserve, malgré l’humiliation permanente qu’est devenue sa vie, une dignité exemplaire. Ses expressions, sa gestuelle, pas un instant ne passe sans qu’elle impressionne. Souvent nominée mais jamais couronnée, l’actrice décrochera avec La Servante Ecarlate les deux premiers Emmy Awards de sa carrière : meilleure actrice dans une série dramatique et meilleure série dramatique en tant que productrice. Une consécration amplement méritée. Well done Elisabeth !

L’ensemble du casting (en particulier féminin) est époustouflant. Comme pour l’excellente série The Deuce, il ne s’agit pas des stars les plus réputées d’Hollywood et pourtant rien ne les empêche de littéralement crever le petit écran.

Ann Dowd, l’interprète de la terrifiante et cruelle Tante Lydia, garante du « bon comportement » des Servantes et devenue en quelque sorte « le visage de la méchanceté » avec les personnages impitoyables qu’elle joue dans les séries The Leftovers et The Handmaid’s Tale. Elle repartira avec l’Emmy Award de la meilleure actrice dans un second rôle.

Quant à Samira Wiley (connue sous le nom de « Poussey » dans la série Orange Is the New Black) , elle confirme son statut d’actrice qui monte et continue à se faire une belle place sur le petit écran en se distinguant une nouvelle fois avec le rôle de Moira, meilleure amie de June et également contrainte de devenir Servante après la prise de pouvoir des dégénérés de Gilead.

L’actrice Alexis Bledel, révélée à la télévision dans le rôle principal qu’elle tenait pendant sept ans dans la série dramatique Gilmore Girls, s’offre là une véritable renaissance et relance sa carrière qui, jusque là, peinait à redécoller malgré quelques rôles au cinéma. Elle est la Servante d’une autre famille puissante de Gilead et membre d’un mouvement de rébellion nommé « Mayday ». C’est également l’un des rares soutiens sur lequel Offred peut compter. Son interprétation terriblement juste (on peut voir la peur dans ses yeux !) lui a valu l’Emmy de la meilleure actrice invitée dans une série dramatique et fera très certainement de son rôle un des piliers de la saison 2.

Impossible de conclure sur le casting féminin sans parler de Madeline Brewer et d’Yvonne Strahovski. La première, avec son personnage nommée Janine, a droit au rôle le plus représentatif des conséquences physiques et psychiques d’une telle déshumanisation vis-à-vis des Servantes. La seconde, dans son rôle de Serena Joy Waterford (épouse du Commandant Fred Waterford, chez qui l’héroïne June (Offred) sera affectée…), se montre tour à tour touchante, terrifiante et pathétique en maîtresse de maison complètement dépassée par la mise en pratique des fondements idéologiques du monstrueux régime qu’elle a aidé à créer, accompagnée de son mari.

Du côté des personnages masculins on retrouve le charismatique Joseph Fiennes en Commandant et leader de la République de Gilead répugnant à souhait. Le jeune et talentueux Max Minghella (qui laissait entrevoir de belles qualités dans le film Horns d’Alexandre Aja) confirme tout le bien que je pensais déjà de lui avec un rôle assez ambigu qu’il arrive parfaitement à maîtriser, tout comme O-T Fagbenle, époux de June et dont l’histoire nous est dévoilé par bribes au fil des épisodes via les retours dans le passé.

 

Avis The Handmaid’s Tale saison 1 : Conclusion

avis the handmaid's tale saison 1

 

Vous l’aurez compris, énorme potentiel pour cette fascinante nouvelle série télévisée que je vous conseille de ne pas « binge-watcher » mais de savourer lentement et petit à petit, épisode par épisode…

La Servante Écarlate brille de mille feux et captive dès les premiers instants jusqu’à ne plus nous lâcher grâce à la puissance qui se dégage de son univers cauchemardesque mais aussi grâce au soin extrêmement minutieux qui lui est accordé. Au terme des 10 épisodes qui constituent cette première saison elle s’impose d’emblée comme ce qui se fait de mieux actuellement avec The Deuce.

Un véritable bijou humaniste, visuel et musical qui fait déjà date dans l’histoire du petit écran. La série a d’ores et déjà été reconduite pour une deuxième saison et l’on ne peut que s’en réjouir tellement c’est mérité.

 

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