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Test FIFA 19 (PS4) : Electronic Arts est magique

Je me souviens que lorsque j’étais petit de nombreux tours de magies réalisés dans mon école. Il arrivait en effet parfois que des apprentis magiciens passaient dans notre classe et nous faisaient alors une démonstration de leurs talents de sorciers. Du moins, c’est ce que l’on pensait alors. Je veux dire, à l’époque, on s’asseyaient, se taisaient et on laissaient nos yeux rivés sur ces magiciens qui nous dévoilaient alors tous leurs talents, sans se poser de question. Il s’agissait de vrais magiciens dans nos yeux d’enfants, vous comprenez.

Pourquoi donc est-ce que je vous raconte tout cela ? Et bien parce qu’aujourd’hui, en jouant à FIFA 19, j’ai retrouvé cette sensation de tour de magie exécuté avec brio encore une fois par Electronic Arts mais que j’ai vu cette fois-ci tous les trucages.

Test FIFA 19 réalisé sur PS4 Pro à partir d’une version commerciale à jour

 

Test FIFA 19 : it’s SURTOUT PAS in the game

 

Je pense que l’on a tous en tête ce fameux slogan d’EA Sports : E.A. SPOOORTS, it’s in the gameee. Si vous ne l’avez pas, petite piqûre de rappel :

 

 

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que j’ai aussi par le passé joué à FIFA. Comme beaucoup, tout à commencer avec FIFA 98 puis FIFA 99 (avec Fabien Barthez dans cette cover de légende). Puis est arrivé PES qui a mis tout le monde d’accord pendant une décennie. Puis est arrivé FIFA 08 et surtout FIFA 09… Depuis, Electronic Arts occupe la première vente des jeux de football sur console, bien loin devant PES.

Un succès clairement mérité alors puisque que Konami s’était totalement reposé sur ses lauriers en ne modifiant par exemple pas son moteur de jeu vieux de plusieurs années. Mais je ne parlerai pas ici de PES, mais bel et bien de FIFA. Cela fait désormais plus de quatre ans que la franchise d’Electronic Arts fait du surplace, proposant parfois quelques améliorations sympathiques (mode aventure, FUT toujours plus peaufiné, mode Club Pro aux petits oignons et j’en passe). Seulement sur le terrain, il n’y a plus rien. L’encéphalogramme est plat, l’ennui total et pire encore, le côté arcade semble désormais totalement assumé par l’éditeur américain avec un gameplay assurant le strict minimum en termes de profondeur de jeu (et je parle même pour le mode FUMA que j’ai pu tester et sur lequel je reviendrai plus bas). Aujourd’hui, Electronic Arts fait exactement la même erreur que Konami concernant son gameplay, mais avec un damage control forçant le respect.

 

Test FIFA 19, tour de magie #1 : Un enrobage fantastique

 

FIFA 19 (dans les menus)

 

Cette année et vous le savez, FIFA 19 a obtenu la licence de la ligue des Champions. Et inutile de vous dire que si vous êtes fans de la Coupe aux grandes oreilles, vous ne pourrez qu’accrocher à l’ambiance proposée dans le jeu. Hymne officiel, mise en scène, commentaires, ralentis, absolument tout est présent pour retranscrire (en apparence) la Ligue des Champions sur consoles. Le fan de foot qui ne jure que par la ligue des Champions et se contente de regarder uniquement les matchs de la Coupe du Monde et de l’Euro (allez, des matchs amicaux quand il y en a, enfin, ceux de la Ligue des Nations) verront une simulation exceptionnelle de football.

La poudre aux yeux est lancée, les conditions sont réunies pour le tour de magie #2

 

Test FIFA 19, tour de magie #2 : Un contenu généreux

 

FIFA 19 Sans Règles, un nouveau mode de jeu façon Mario Kart amusant. Mais jouez-y toute l’année et vous aurez alors le niveau de Talal El Karkouri manette en mains.

 

Côté contenu et expérience utilisateur, FIFA 19 est loin d’être radin, bien au contraire. Tout est fait pour proposer au joueur ce qu’il est venu chercher : du jeu solo, du jeu multi en 1 vs 1, du jeu multi en 2 vs 2 et bien entendu le fameux mode Club Pro très prisé. Tout est clair, limpide, fluide, identifiable au premier coup d’oeil. D’un point de vue expérience utilisateur, manette en mains, le tour de magie est cette fois-ci réalisé sans trucage et il faut bien reconnaître le talent des équipes d’Electronic Arts pour sublimer leur jeu et donner l’envie d’en voir plus. Ceci messieurs de Konami est ce qui s’appelle connaître le métier de la vente et du marketing. Réussir à sublimer une coquille vide pour donner envie de l’acquérir malgré tout.

 

Test FIFA 19, tour de magie #3 : Pris par la main

 

Une flèche vient vous rappeler cette année le sens dans lequel vous devez tirer. C’est compliqué de cadrer en assisté vous comprenez.

 

L’autre force de FIFA 19 c’est qu’il parvient à vous prendre par la main et à vous faire découvrir toutes les facettes de son jeu sans pour autant en oublier certaines importantes. Contrairement à PES, FIFA vous donne tous les clefs pour prendre en mains le jeu : des tutoriels clairs, amusants, et qui vous poussent à vous surpasser dans les différents ateliers d’entraînements, que cela soit pendant les temps de chargement ou dans le mode entraînement dédié.

 

Les tutoriels expliquent clairement les aspects du jeu et les nouveautés. Bref, c’est réfléchi.

 

Les nouvelles fonctionnalités sont clairement expliquées tout comme FIFA Ultimate Team. Hervé Mathoux vient par exemple vous détailler étapes après étapes le fonctionnement d’un mode de jeu à la profondeur de gameplay importante (par gameplay j’entends gestion de son effectif, associations et combinaisons tactiques). Bien que le tout soit totalement biaisé par le script du gameplay (sur le terrain cette fois-ci), là aussi il faut saluer le gros travail des équipes d’Electronic Arts. Travail réfléchi et de paire avec les équipes marketing de la société afin de placer le joueur dans un confort optimal lors de la gestion de son équipe et de son avancée dans FIFA Ultimate Team.

 

Test FIFA 19, tour de magie #4 : Assumer le côté Mario Kart

 

Voilà un contrôle qui vient du cœur (en réalité, c’est une passe réalisée pour le joueur au fond à gauche, le ballon passe à travers le joueur parce que le script a décidé que la balle arrivera là bas même si c’est impossible).

 

Cette année, il n’y a plus de barrières dans FIFA 19. En coup d’envoi, de nouvelles façons de jouer sont désormais proposées aux joueurs. Une excellente idée pour un fun optimal, notamment en 1 vs 1 sur la même console. Je veux dire, jouer un match sans règles, sans hors jeux, sans arbitre, et bien c’est rigolo. Par contre attention, c’est amusant 30 secondes hein (pour les adultes que nous sommes), mais le public plus jeune devrait sans aucun doute y trouver son compte et ce de manière régulière. Et là aussi, c’est de la magie. Plus personne n’arrive à se rendre compte des situations ubuesques proposées dans le jeu. Le tout passe car les ralentis sont par exemple sublimes et que certaines animations sur les tirs font vraiment penser au football. Mais le football ce n’est pas simplement se présenter devant un but pour décocher une frappe. Il faut également gérer le placement, la tactique et surtout la construction sur un rythme varié et réaliste. Et tout ceci est inutile sur FIFA 19 qui se fait pourtant passer pour LA simulation. Un comble.

 

Test FIFA 19, tour de magie #5 : Se faire passer pour LA simulation

 

Côté réalisation, les ralentis donnent l’impression d’assister à un match de Ligue des Champions. Mais seulement les ralentis hein.

 

Là on entre dans le tour de magie le plus incroyable d’Electronic Arts. C’est du niveau de David Copperfield faisant disparaître la Tour Eiffel. Grâce à une stratégie de communication rodée à souhait et une communauté de joueurs totalement dévouée à la cause de la franchise, EA Sports réussi à maintenir sa réputation de simulation de jeu de football pour l’immense majorité du grand public. Aujourd’hui, FIFA est le seul jeu de football réaliste aux yeux des plus jeunes et d’adultes n’ayant pas forcément le temps de découvrir la franchise Pro Evolution Soccer. Pour cela, EA a construit son tour de magie sur cinq points dévastateurs :

  • Fidéliser une communauté à la limite de la secte dans les modes FUT et Club Pro
  • Faire péter le budget publicité chaque année en s’offrant les grandes stars du football mondiale et les personnalités « Foot » visibles en France sur les réseaux sociaux comme Pierre Menes
  • Miser à fond sur l’aspect e Sports avec des vedettes du football virtuel comme Bruce Grannec
  • S’offrir la licence de la Ligue des Champions et bloquer des partenariats de Konami avec plusieurs clubs (ex : Borussia Dortmund)
  • Proposer du jeu tout de suite, avec des enchaînements de partie et un script déterminant des victoires lors de séries de défaites >> évite la frustration du public

 

Vous venez de terminer un match ? Le jeu relance automatiquement une recherche en 5 secondes. L’expérience utilisateur au top.

 

Grâce à la psychologie du plus grand nombre qui arrive à se convaincre que FIFA 19 est une simulation, on arrive donc à un tour de magie assez exceptionnel faisant passer le titre d’EA Sports pour la référence sur consoles. Tout le monde y croit malgré le constat sans appel dans le gameplay. Avec le bouche à oreille des plus jeunes, les ventes s’envolent, les échanges se multiplient et bingo, vous avez trouvé le cercle vertueux pour vous imposer une année de plus en termes de ventes, et ce même si plusieurs médias ont salué la supériorité de PES sur celle de FIFA en termes de gameplay depuis au moins deux ans désormais. Et même si visuellement, un match de PES ressemble beaucoup plus à un match de football qu’un match de FIFA.

David Copperfield qui fait disparaître la Tour Eiffel je vous dis.

 

Test FIFA 19 : Pourquoi ce n’est pas une simulation

 

Cette image ne pouvait pas être plus parlante des défauts importants du jeu pour une « simulation ». Ici, une somme d’individualités sans aucune cohérence dans leur placement / attitude. Loin des schémas de PES. TREEEES LOIN.

 

 

Et pourquoi FIFA 16,17 et 18 ne l’étaient pas pour autant également aurais-je pu rajouter en titre de cette partie…Les points sont vraiment nombreux et n’importe qui regardant régulièrement du football à la télévision et mettant sa mauvaise foi ou son amour pour la série FIFA de côté arrivera au même constat : PES est nettement plus réaliste que FIFA.

Je veux dire, qu’il n’y a même pas un débat à avoir. Après avoir passé plusieurs jours sur le jeu d’Electronic Arts, le retour sur la franchise PES a été choquant. Il est sûr que les joueurs habitué au gameplay de FIFA 19 trouveront PES lent en comparaison, mais laissez moi là aussi mettre les choses au clair.

Ce n’est pas PES qui est lent. C’est FIFA qui est tout simplement beaucoup trop rapide. Que cela soit dans la vitesse d’exécution des mouvements (animations) ou la circulation du ballon (physique de balle), le football ce n’est pas remonter le terrain en 5 passes automatisées et arrivant parfaitement à destination avant de décocher une frappe dans la lucarne sans le moindre effort.

 

Il y a une chose en particulier que je trouve plus réussie que dans PES : les tacles. Plus manuel et avec une meilleure possibilité pour doser. Plus de variétés également. Comme quoi FIFA a vraiment fait le choix de l’arcade.

 

D’un point de vue simulation, et particulièrement contre l’IA, le jeu est ennuyeux à mourir. Quantum Break sur Xbox avait réussi l’exploit de m’endormir avec son scénario auquel je n’ai absolument pas accroché, mais là, LA on est en apesanteur. FIFA 19 aura réussi l’exploit de m’endormir au sens propre du terme, avec une manette PS4 dans les mains. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de vous endormir derrière un jeu vidéo en tenant une manette, quand on se réveille la sensation est très bizarre.

D’un point de vue arcade en revanche, FIFA 19 est fun à souhait. J’adore le baby foot entre potes par exemple. On peut enfiler les buts et surtout s’amuser en particulier dans les modes de jeu où les buts inscrits en dehors de la surface comptent double. Mais d’un point de vue réalisme, physique de balle, mouvements des joueurs, le jeu défie les lois de la physique. En tout cas les lois dans cette dimension, si cela se trouve, FIFA 19 est en réalité une pure simulation mais dans un monde parallèle où les éléphants conduisent des voitures et les hippocampes siègent à l’ONU.

Alors oui, il existe les sliders, le mode manuel (moins « assisté » que sur PES, paradoxe) mais malgré cela, je peux vous garantir que tous les défauts (animations, physique de balle défiant les lois de la physique) persistent. Non, ce qui paye ici, c’est le pressing de porc (via les nouvelles tactiques dynamiques cherchées sur PES), la Juventus de Turin de Ronaldo et le rush vers le but adverse. Construire et souffrir pour marquer (chaque joueur ayant vraiment pratiqué le foot savent de quoi je parle je pense), ce n’est absolument pas d’actualité ici. Il faut des buts épiques tout le temps, de la vitesse, du spectacle, il faut CONSOMMER Football en blindant le sandwich de supplément Ketchup, Bacon, Oignons, Oeufs, Petits pois, Nutella. Bref tout mélanger et tout mettre dans la bouche d’un seul coup et répéter l’opération pour se gaver avec toutes les « saveurs » en même temps.

Oui c’est écoeurant, tout comme l’est ce FIFA 19.

 

Test FIFA 19 : Conclusion

 

Où est la balle. Un indice : elle est loin et oui les gardiens font peur dans ce FIFA 19.

 

Pour conclure, FIFA 19 est un condensé de préjugés sur le football. Ce qui s’affiche à vitesse réelle est modifié par la perception des ralentis TV (sublimes) et de l’ambiance de match en général (réaliste). Mélangez le tout et vous avez un nouvel opus de FIFA dans une coquille vide, aux couleurs de la Ligue des Champions et au parfum répondant au nom de DEJA VU BORDEL.

 

12
Test FIFA 19 (PS4) : Electronic Arts est magique
Les plus
  • Contenu très riche
  • Menus, tutos, online solides
  • Du football Mario Kart, très fun
  • Le mode Shaolin Soccer
  • Ambiance et immersion au top
Les moins
  • Gardiens en cartons
  • Vitesse de jeu incroyable
  • De l'arcade jusqu'à plus soif
  • Des bugs de physique de balle
  • Le script plus fort que jamais
Graphismes 14
Gameplay 5
Son 16
Durée de vie 16
Rapport qualité/prix 12
Choco
Rédacteur
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Qu'on apporte du bois et de l'huile ! Denethor, fils d'Ecthelion

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