La licence Resident Evil fête ses 30 ans et nous accompagne depuis, avec des hauts, et même des très hauts, mais aussi des bas bien calamiteux. C’est la vie. C’est aussi la nôtre, mine de rien. Cela fait trente ans que nous nous rendons à Raccoon City. C’est un peu chez nous aussi. Cela fait 30 ans que nous répétons ce pèlerinage vidéoludique en faisant et refaisant les différents opus ou leurs remakes. En tout cas, je passe rarement une année sans refaire un Resident Evil majeur. Vous n’êtes donc pas seul, sachez-le. Bref, il est temps d’accueillir ce Resident Evil Requiem, dont le titre sonne comme une ultime danse macabre. Il est temps de s’en délecter comme il se doit, car il s’agit de l’un des meilleurs Resident Evil qui soient, telle la substantifique moelle de tout ce qui s’est fait de mieux dans la licence pour notre plus grand bonheur. Test Resident Evil Requiem réalisé à partir d’une version commerciale sur PS5.
Test Resident Evil Requiem, l’éternel recommencement ?
Le prologue tranche avec le reste du jeu avec une approche très « Se7en » ou même Condemned. Pas pour déplaire d’ailleurs
Un premier opus en 1996 a embrasé l’imaginaire collectif et imprégné la pop culture. Les épisodes suivants ont consolidé le mythe avec des personnages et des lieux iconiques. Dans les années 2000, Resident Evil 4 a révolutionné la licence et le jeu vidéo en créant un genre et reste un chef-d’œuvre du jeu d’action.
S’ensuivent un Resident Evil 5 convenable, mais surtout un Resident Evil 6 se vautrant dans une auto-parodie insupportable. Là, la licence aurait pu mourir sans jamais se relever. En tout cas, personnellement, en le parcourant du début à la fin, j’avais ri jaune.
Techniquement, RE Requiem force le respect et donne la chair de poule
Resident Evil 7 a opéré un virage salvateur. La vue à la première personne, un retour à une horreur plus viscérale, primale et vraiment gore. Le 8 a poursuivi sur cette lancée tout en mettant l’accent sur davantage d’action et de grandiloquence, sans toutefois tourner au grand-guignol, heureusement.
Pourquoi ce très bref retour sur les principaux Resident Evil ? Parce que, lorsque Capcom trouve le bon filon, cela finit souvent par aller trop loin à partir du troisième jeu surfant sur le même concept. Autant dire qu’avec Requiem, j’avais peur du coup de trop.
Grâce, la nouvelle venue, n’est pas prête
Heureusement, il n’en est rien. Il apparaît même comme la conclusion d’un voyage commencé il y a 30 ans. Toutes ces aventures, ces personnages, ces lieux, tout nous a menés ici et maintenant. Chaque jeu apparaît comme un projecteur lumineux et, trente ans après, tous sont braqués sur ce Requiem pour une ultime danse. Alors, musique maestro.
Par contre, Leon, l’autre personnage jouable, est prêt pour ce requiem
Après un premier run en normal qui m’a pris 12 heures à compléter, je vous livre mes impressions, sans spoiler évidemment. Avec pléthore de défis à compléter et un mode de difficulté hardcore à débloquer, la rejouabilité est assurée pour les acharnés.
Précision : toutes les captures sont issues du début du jeu.
Test Resident Evil Requiem : 2 jeux en 1
Les éclairages mettent bien dans l’ambiance
Pareil, je le sens pas du tout ce couloir
Le prologue de Requiem permet de faire la connaissance de Grâce, une agente du FBI enquêtant sur des meurtres dont les victimes viennent toutes de Raccoon City… puis de savourer le grand retour de Leon Kennedy.
Les premières minutes sont déstabilisantes. Une ambiance entre Seven et le jeu Condemned lors de la courte et poisseuse exploration d’un hôtel délabré, lieu sordide s’il en est. Avec ce nouveau personnage de Grâce et cette mise en scène de thriller glauque, nul besoin d’être un fin connaisseur de la licence pour se sentir embarqué.
C’est ce que j’ai apprécié avec ce Requiem. Même s’il apparaît comme un puzzle façonné avec tout le lore développé depuis 30 ans, il n’exclut pas ceux qui découvrent cet univers, en intégrant au fil des heures, tour à tour, des éléments qui parlent aux habitués ou d’autres, inédits. C’est assez fort.
Oui, nous aussi on passe par cet état devant certaines scènes
Le prologue fait penser aux films cultes de chasse au tueur en série. Efficace.
Passé ce prologue éprouvant, la suite revient sur des rails plus conformes aux Resident Evil précédents. Dans les chapitres où l’on incarne Grâce, la terreur psychologique, la fragilité, l’isolement et la furtivité, voire l’évitement des affrontements, sont de mise. Logique : elle n’apparaît ni chevronnée ni sûre d’elle, alors avec des zombies dans les parages, c’est compréhensible.
Grâce, c’est un peu le nouveau joueur découvrant les jeux d’horreur, sursautant au moindre objet qui tombe au sol et restant en permanence sur le qui-vive.
Pour progresser, on résout des énigmes, assemble des objets à placer dans des portes chelous. La routine
Par contre, on ne la fait pas au vétéran Leon. Lui sait. Lui est préparé. Ce Leon 2026, c’est le joueur qui a été biberonné depuis toujours aux zombies. Voilà l’une des explications du « deux jeux en un ».
Est réservé à Grâce l’aspect survie, la parcimonie des munitions, avec un inventaire limité à quelques emplacements, peu d’armes et des épreuves, à première vue, infranchissables.
Le crochetage selon Leon, il est préparé à toute éventualité !
Leon, c’est la classe absolue. Et la chasse absolue aussi. Il est le prédateur
A contrario, Leon dispose d’un inventaire conséquent et d’un arsenal meurtrier ; à lui donc les phases d’action cathartiques pour se défouler après les séquences de Grâce. Dans ces phases, l’impression d’être le prédateur, d’être John Wick est grisante.
Test Resident Evil Requiem : l’état de Grâce ?
Bon conseil, ça
Les deux personnages se complètent bien et permettent une aventure riche, dense et variée, tour à tour en FPS pour frissonner avec Grâce, puis en TPS pour défourailler joyeusement avec Leon. Je n’ai pas vu le temps passer lors de mon premier run et en ai savouré chaque minute.
Accompagner Grâce dans cette quête n’est pas de tout repos, mais mérite d’être joué en première personne pour profiter pleinement des moments de tension. À noter néanmoins que l’on peut passer à la vue à la 3e personne à tout moment ce qui techniquement, demeure un exploit technique remarquable pour garantir une bonne expérience, peu importe son choix. Un vrai plus.
Comme dans les œuvres du maitre Romero, les zombies conservent une part de leur vie « d’avant »
Quant à Leon, on l’a découvert en jeune policier idéaliste et naïf en 1998, puis en preux chevalier en 2004 pour sauver la fille du président… Cela fait quelque chose de le voir en vieux briscard, sans état d’âme et geignant quand il se relève, un peu comme un John « j’ai mal au genou » Wick… Les héros sont fatigués, mais tiennent bon.
Les cinématiques aussi en jettent
Le « deux jeux en un » vaut aussi pour les modes de jeu, avec des sauvegardes illimitées ou alors avec le fameux système de tampon encreur. Là encore, tous les types de joueurs sont les bienvenus pour arpenter ce Requiem à leur convenance.
Les temps de chargement, quand on recharge sa partie après un game over, sont très courts et impressionnants. D’une manière générale, techniquement et graphiquement, ce Resident Evil met une claque grâce à son moteur RE Engine parfaitement maîtrisé. Les captures d’écran ne lui rendent pas forcément justice. Souvent, un plan fait mouche et on reste quelques instants pour profiter des éclairages et de l’atmosphère. Bon, pas trop longtemps, car les ennemis rôdent et grondent…
Test de RE Requiem, conclusion
Pour conclure ce test Resident Evil Requiem, je pense qu’il se place comme l’un des meilleurs représentants de la licence et réussit plusieurs tours de force. Être une porte d’entrée pour les débutants tout en semant des éléments connus des vétérans. Proposer deux gameplays convaincants avec deux personnages diamétralement opposés.
Après son prologue sordide et surprenant, les 12 heures suivantes reprennent les formules plus classiques des jeux précédents, avec un gameplay de survie et de frayeur pour Grâce, aux antipodes de l’action jubilatoire pour Leon. Certains pourront se désoler de ce manque de prise de risques. Reste tout de même un jeu d’horreur de très haute volée, techniquement impeccable, à la tension palpable et aux mécaniques de jeu redoutables.
Le scénario réserve son lot de surprises, mais aussi de facilités pour tout de même nous embarquer avec délectation pendant la dizaine d’heures requises pour un premier run. Les nombreux défis et modes de difficulté motivent facilement à empiler les runs.
Au final, que lui reprocher ? Le manque de vrai grosse prise de risque en utilisant une formule qui a fait ses preuves ? un fan service parfois un peu trop appuyé tout comme les placements de produits ? Qu’importe, le temps dira s’il doit rester culte comme certains de ses prédécesseurs. Reste que cette magnifique et terrible danse macabre est diablement entraînante.














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