Il y a des projets qu’on surveille de loin, avec cette prudence instinctive que développe tout joueur ayant accumulé quelques déceptions. Et puis il y en a d’autres qui, révélation après révélation, finissent par occuper un coin de tête qu’on ne leur avait pas réservé. Exodus, le RPG d’action-aventure science-fiction développé par Archetype Entertainment et attendu pour début 2027 sur PS5, Xbox Series et PC, fait clairement partie de la seconde catégorie. L’Extended Gameplay Reveal diffusé lors du Future Games Show le 6 juin dernier a posé les bases d’un jeu vidéo qui mérite, sans s’emballer, qu’on lui accorde une vraie attention.
Un univers construit par des gens qui savent ce qu’ils font
Derrière Exodus, il y a d’abord des noms. James Ohlen, Drew Karpyshyn, Chad Robertson… des vétérans de BioWare qui ont contribué à Mass Effect, KOTOR ou Baldur’s Gate. Ce n’est pas un détail anecdotique. C’est une indication sur l’intention narrative du projet, même si un pedigree ne garantit évidemment rien à lui seul.
L’univers est planté avec de l’ambition. En l’an 42 000 environ, l’humanité a fui une Terre mourante vers le Cluster Omega Centauri. Des millénaires plus tard, une menace concrète s’impose : les Célestes, descendants génétiquement modifiés de l’espèce humaine, ont propagé un virus baptisé The Rot qui menace d’éteindre les humains ordinaires. Vous incarnez Jun Aslan, ancien récupérateur devenu Traveler. Un guerrier qui voyage à la vitesse de la lumière pour voler reliques et armements aux Célestes afin de sauver son monde natal, Lidon.
Ce qui distingue immédiatement ce jeu vidéo d’un RPG spatial classique, c’est la dilatation temporelle érigée en mécanique narrative centrale. Chaque mission à la vitesse de la lumière comprime le temps pour Jun, mais pas pour ceux restés en arrière. Vos compagnons vieillissent, des proches peuvent mourir avant votre retour, l’état de Lidon évolue en votre absence. Selon Drew Karpyshyn, directeur narratif, cela démultiplie le poids de chaque décision. L’idée est solide sur le papier. Elle devra se confirmer manette en main.
Un gameplay en TPS qui mise sur la flexibilité
Le système de combat repose sur deux outils entièrement upgradables. Le Recycler, arme modulable en cinq modes (tir continu, courte portée, précision longue distance, grenades, furtivité), offre une vraie capacité d’adaptation. Le Gauntlet, bras cybernétique alimenté par la technologie pillée aux Célestes, complète l’arsenal avec des capacités allant de la projection d’ennemis à un grappin pour la mobilité verticale.La furtivité est traitée comme un pilier optionnel à part entière : Scramble Cloak pour les attaques invisibles, Sonic Lure pour attirer les ennemis, Precognition pour marquer les positions à travers les murs.
Exodus n’est pas un monde ouvert, mais les environnements révélés (mégapole, ruines souterraines, plateforme orbitale, monde volcanique) semblent variés et conçus pour encourager plusieurs approches.Le système de dialogue en temps réel, actif pendant les missions et pas uniquement dans les hubs, ainsi que le système d’alignement moral en deux voies (Paladin ou Immortal) influençant à la fois la progression et les relations avec les compagnons, rappellent directement ce que la saga Mass Effect avait installé. L’équipage lui-même est prometteur : une xéno-archéologue aveugle, un Traveler vétéran, une pilote de mech impulsive, une pieuvre mercenaire Éveillée… sans oublier C.C. Orlev, doublé par Matthew McConaughey dans son premier rôle en jeu vidéo.
Exodus : ce que tout fan de Mass Effect doit surveiller
Exodus n’est pas Mass Effect. Il s’en inspire ouvertement, en reprend les codes fondamentaux, mais propose aussi des idées propres dont cette dilatation temporelle qui, bien exécutée, pourrait constituer un vrai point de différenciation narratif et émotionnel. Pour celles et ceux qui attendent depuis des années un RPG spatial avec cette profondeur de choix et cette ambition d’écriture, ce jeu vidéo mérite au minimum un suivi attentif.
L’histoire du jeu vidéo est remplie de projets portés par des équipes talentueuses qui n’ont pas toujours livré ce qu’elles promettaient. Mais pour l’heure, Exodus pose les bonnes questions, avec les bons outils. C’est en 2027 que le verdict tombera.




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