Test Crimson Desert : excessif et fascinant

Test Crimson Desert : excessif et fascinant

Crimson Desert en fait trop, en montre trop, en propose trop. J’ai rarement vu un titre d’une telle générosité, parfois boursouflée jusqu’au grotesque, toujours à la limite de l’indigeste. Et pourtant. Et pourtant, au bout de 200 heures de jeu, je continue à y être accroché, à m’y perdre, à m’y abîmer, car il dégage un souffle d’aventure rarement atteint. Pendant l’une de mes longues balades dans les forêts de Crimson Desert, m’est revenu le monologue du générique des Mystérieuses Cités d’Or, la série des années 80 qui a bercé notre enfance. Oui, moi aussi je suis avide d’aventures, d’espaces et de richesses qui se conquerraient au détour d’un chemin de la cordillère des Andes. Crimson Desert me tient avec cette promesse constante et perpétuelle d’aventure. Une promesse tenue. Test Crimson Desert réalisé à partir d’une version éditeur sur PS5 et d’une version commerciale sur Xbox Series X.

 

À la croisée des chemins du jeu vidéo

Crimson Desert panorama

Les panoramas font souvent mouche.

 

Dans Crimson Desert, nous incarnons Kliff, du clan des Crinières Grises, laissé pour mort après la trahison d’un autre clan. Nous voilà embarqués dans un monde de fantasy et une histoire de vengeance, mais pas seulement. Vont rapidement s’agréger des tensions politiques locales et à l’échelle du continent, de la magie, des ruines futuristes perchées dans le ciel, de la gestion de camp, du commerce à grande échelle pour renflouer les caisses du clan, de la résolution de puzzles et d’énigmes, de la chasse aux primes… STOP ! Prenons quelques instants pour souffler. Lors du prologue et les quelques heures qui suivent, Crimson Desert se comporte comme cet ami qui connaît un jeu par cœur et vous inonde d’informations, de mécaniques parfois anecdotiques, pour vous prouver à quel point il est fabuleux. Force est d’admettre que c’est agaçant et contreproductif. Me revient l’absurde tutoriel expliquant comment planter les piquets d’une tente avec un maillet…

 

Ambiance viking dans ce village aux confins du monde.

 

Il faut donc s’accrocher pendant les premières heures pour ne pas être effrayé par l’ampleur des dizaines de tâches, par l’aspect excessif du gameplay et le monstrueux agrégat d’influences. Absolument tout ce qui a été fait et a fonctionné dans le jeu d’aventure depuis la nuit des temps vidéoludiques, ou d’ailleurs, se retrouve dans Crimson Desert. Comment, par exemple, ne pas sourire à la rencontre du petit peuple de la forêt, mélange guère discret entre les Kokiris (la tribu enfantine de l’univers Zelda) et la bonhomie des Hobbits de Tolkien ?

 

Crimson Desert kokiris

Oh, le gentil et naïf peuple de la forêt ! Tout ressemblance avec les Kokiris serait bien sûr fortuite toussa toussa…

 

Crimson Desert avance donc avec de gros sabots dans sa démonstration de puissance. Sur moi, ça marche. J’y passe un temps considérable et merveilleux, sachant qu’il faut avoir du temps devant soi pour en profiter pleinement. L’effet Skyrim fonctionne à plein régime : il n’est pas rare de se retrouver à l’opposé de notre objectif initial parce qu’on a découvert une grotte prometteuse, un camp puis une forteresse ennemie, ou une ruine où un mystérieux mécanisme ne demande qu’à être remis en route pour dévoiler un trésor…

 

Crimson Desert face à la raison

Crimson Desert 2026-04-15 22-23-51

On peut se téléporter à tout moment, et c’est rapide à utiliser. Précieux.

 

Oui là où se porte mon regard, on peut y aller. Grisant.

 

Honnêtement, il est rationnel de ne pas donner son temps à Crimson Desert devant l’absurde gigantisme de sa proposition. L’open world est outrageusement vaste, de même que le nombre de missions, les PNJs, les ingrédients à récolter, les objets à fabriquer… Tout est vraiment trop. Mais joue-t-on pour être raisonnables ? Si l’on lâche prise et que l’on se laisse embarquer, se présente devant nous un jeu d’action-aventure qui réveille en nous l’enfant s’émerveillant devant ses films et jeux d’aventure préférés. Pour le côté action, les combats sont nerveux et parfois tendus. En multipliant les quêtes secondaires comme je le fais, je n’ai pas vraiment été confronté à de grandes difficultés face aux nombreux boss de la campagne principale, mais j’imagine que si l’on se concentre uniquement sur l’histoire, les pics de difficulté peuvent se révéler particulièrement coriaces.

 

Crimson Desert 2026-04-15 22-10-18

Bien sûr qu’on peut pêcher, parce que pourquoi pas ?!

 

L’exploration est là aussi d’une générosité remarquable, et les récompenses sont souvent au rendez-vous : des ruines à fouiller, des camps ennemis à nettoyer, de nouveaux ateliers alliés à activer pour de futures affaires… Dès le début, Kliff dispose d’une « paravoile » (sorte de parachute permettant de planer), de sauts multiples, s’accroche à tout et grimpe absolument n’importe quelle surface : on n’a jamais la sensation d’être limité. Et je ne vous raconte pas la douce sensation vertigineuse que l’on éprouve au sommet d’une montagne en se disant que tout ce que l’on voit, on peut y aller (sensation déjà vécue dans un certain Breath of the Wild, on en conviendra).

 

Crimson Desert arbre brisé

De belles surprises aux détours du chemin, voilà l’essence même de Crimson Desert.

 

Le plus étonnant, et parfois frustrant, c’est que même au bout de 200 heures de jeu, je n’ai pas l’impression d’être totalement maître des mécaniques de jeu, ni souverain dans la gestion de mon aventure. C’est assez déstabilisant quand on a près de 30 ans de jeux vidéo dans les pattes. Cela participe toutefois à l’attachement : que va me réserver la prochaine mission ? La prochaine région ? Le prochain PNJ ? Là où l’on est souvent confortablement installé dans ses attentes, Crimson Desert parvient donc souvent à surprendre.

 

Pour le meilleur et pour le pire

Crimson Desert bateau

Bien sûr qu’on peut faire du bateau, parce que pourquoi pas ?!

 

Sous la pluie, comme sous le doux regard des étoiles : on s’émerveille.

 

Dans cette optique, tout n’est pas réussi, loin s’en faut. Mais j’avoue avoir été impressionné par ces vastes batailles de la quête principale, où il s’agit de capturer les positions ennemies pendant près d’une heure, digne d’un Dynasty Warriors. On retrouve également, à l’inverse, les absurdes missions qu’on peut retrouver dans certains MMO. Un des membres du clan me demande ainsi de cueillir cinq lavandes car lui n’a pas le temps… Pas le temps ! Alors que j’ai notre clan à venger, notre campement à rebâtir, des amis à sauver, des seigneurs à amadouer pour rester dans ces contrées, des sorcières à contenter pour me fournir des objets magiques qui défient l’entendement… Bon. Je vais les chercher, vos lavandes. Des blanches ou des pourpres ?

Crimson Desert village au crépuscule

Après un long périple et moults distractions (ruines, camps, chasse…), nous sommes arrivés fidèle destrier !

 

La technique souffle le chaud et le froid. En parlant de souffle, Crimson Desert est le premier jeu à faire tourner le ventilateur de ma Xbox Series X à ce point. J’ai l’impression d’avoir enfin rencontré le premier jeu qui pousse vraiment ma console dans ses derniers retranchements. Là aussi, Crimson Desert se révèle un monstre technique, avec des crashs quasi quotidiens. À côté de cela, l’open world est suffisamment joli et varié pour se laisser porter. Évidemment, avec sa pléthore d’activités et sa carte immense, la narration et l’intensité de l’histoire principale en pâtissent quelque peu, et le récit ne passionne pas autant qu’on pourrait l’espérer. Heureusement, un codex et un journal de bord sont là pour faire le point si besoin. Mais là encore, la malédiction Crimson Desert frappe : on est submergé d’informations et il faut, là aussi, un temps d’adaptation pour y trouver les précieux renseignements que l’on cherche spécifiquement.

 

Le chargement pour lancer la session. Majestueux et over the top. Crimson Desert résumé en 30 secondes.

 

Pour finir, je reviens au générique des Mystérieuses Cités d’Or mentionné en introduction. Ce dessin animé était un rendez-vous dont on ne pouvait manquer le générique, et c’était tant mieux, car il était un passeport pour un univers incroyable. Crimson Desert délivre la même expérience avec son écran de chargement initial. Oui, je fais ici l’éloge d’un temps de chargement. Mais avouez qu’il met en scène avec majesté ce qui nous attend, comme si tout le poids du monde pesait sur Kliff et donc sur nous par extension. On y retrouve aussi les excès propres au jeu : des effets de particules, un brouillard limbique, un cube mystérieux, un sol inconnu et cette porte qui promet un monde fabuleux. Toujours dans la démesure, et j’adore.

 

Test Crimson Desert : Conclusion

Crimson Desert panorama au petit matin

Au petit matin, la brume se lève paresseusement, et l’aventure continue !

 

L’épineuse question de la note. Comment noter un tel jeu ? 12/20, devant la répétitivité des missions et les crashs encore trop fréquents ? 18/20, car le souffle de l’aventure parvient souvent à me décoiffer alors que je n’ai plus de cheveux ? J’opte pour l’entre-deux. J’y ai mis 200 heures et compte bien continuer, conscient d’avoir en face de moi un jeu d’exception, certes, mais perclus de défauts.

Crimson Desert est un jeu d’aventure qui agrège absolument tout ce qui a été fait de mieux dans le jeu vidéo. Un véritable monstre de Frankenstein. Mais possède-t-il pour autant une âme ? Je suis tenté de dire oui. Sans limite et toujours dans la démesure, il réussit souvent très bien ce qu’il tente, avançant avec de gros sabots et sans nuances, tout en se prenant les pieds dans le tapis sur bien d’autres aspects, comme l’ergonomie : le bouton X, pour être concret, sert à trop d’actions différentes. Reste un titre à la candeur et à la générosité touchantes, attachant et accrocheur pour les éternels enfants que nous sommes, émerveillés à la moindre ruine, promesse de richesses et d’aventures infinies que nous avons déjà vécues dans nos rêves.

Test Crimson Desert : excessif et fascinant
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Test Crimson Desert : excessif et fascinant
Les plus
  • Le gigantisme
  • Varié, prenant, addictif
  • Des combats épiques et péchus
  • Une durée de vie faramineuse
  • Merci le codex et le journal
  • Interface et sous-titres en français
Les moins
  • Excessif à tout point de vue
  • L'ergonomie à la manette
  • Trop d'infos tuent l'info
  • Encore trop de crashs
Graphismes 16
Gameplay 16
Son 16
Durée de vie 20

Meilleur bon plan

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