Pragmata est un excellent jeu d’action, emmené par des personnages attachants. Mais pas seulement. Pragmata est même plus que cela, avec son histoire souvent amusante, parfois touchante, culminant en apothéose avec un final aussi émouvant qu’éprouvant. Sa profondeur et sa noirceur en surprendront plus d’un, moi y compris, tant on se passionne pour ce duo atypique et diablement complémentaire. Cette complémentarité s’exprime bien sûr dans les gunfights mâtinés de hacking, qui font toute l’originalité du titre, mais passer à côté de l’intensité tragique de Pragmata serait vraiment dommage. Ainsi, ceux qui veulent un jeu d’action original seront comblés par le système de hack. Ceux qui veulent plus que cela le seront également, grâce à la tornade Diana et à la brute au grand cœur qu’est Hugh. Un jeu brillant et lumineux, suffisamment rare pour être célébré comme il se doit. Test Pragmata réalisé à partir d’une version éditeur sur Xbox Series X.
Test Pragmata : Dad Space
Une bathysphère, un Big Daddy flanqué d’une petite soeur ? Ah non, ce n’est pas Bioshock.
Le début de Pragmata fait écho au prologue de Dead Space, ce qui est assez amusant. Ici, une base lunaire est en mode silence radio et une équipe de techniciens est envoyée sur place depuis la Terre pour y effectuer des réparations. Après l’ingénieur Isaac Clark de la licence horrifique d’EA, voici le technicien de maintenance Hugh Williams ! Si dans Pragmata il n’est pas question d’horreur, les prémices de l’histoire mettent bien sûr en scène un fiasco, à l’issue duquel Hugh se retrouve seul et blessé…
Une complicité évidente qui donne le sourire
C’est alors qu’il fait la connaissance de Diana, avec laquelle il va s’embarquer dans une aventure de 10 à 15 heures pour découvrir ce qui se passe dans cette base lunaire abandonnée de ses occupants. Enfin, pas tous. Les couloirs de la station sont envahis de robots sous les ordres d’une I.A. dont on comprend rapidement qu’elle ne nous veut pas forcément du bien. En version française, et pour les plus anciens d’entre nous, on reconnaîtra sans peine la voix de l’acteur qui doublait déjà les annonces dans Doom 3 : très reconnaissable, elle installe immédiatement un certain malaise.
Diana s’émerveille pour un globe terrestre buggé. Pragmata ne l’est pas du tout.
Au-delà de l’action pure que j’évoquerai plus loin, une dynamique père/fille va très vite s’installer entre les deux protagonistes. La candeur pour l’une, la bienveillance pour l’autre, avec comme alpha et oméga entre eux deux un doux soutien mutuel et indéfectible. Les plus cyniques d’entre nous trouveront cela un peu trop naïf, mais je maintiens que cela participe, au-delà de la maestria technique et de l’action, à faire de Pragmata un jeu qui fait vraiment du bien, même si les événements dépeints dans le jeu sont tragiques.
Un jeu 100% hack-tion
Diana qui hacke à la volée, c’est le dynamisme assuré.
Le refuge, qui est le hub de Pragmata, servira à vous améliorer et choisir votre niveau.
Toute l’originalité de Pragmata repose sur son système de hack en plein gunfight. Hugh dispose d’un arsenal, mais celui-ci ne fera que de très légers dégâts sur les robots qui hantent la base lunaire. Il faudra que Diana pirate les ennemis pour que Hugh puisse les éliminer. Tout cela se fait en temps réel : si, au début, on se retrouve figé à pirater le drone qui s’avance vers nous, avec un peu de pratique, on enchaîne bientôt les esquives en plein hack. Grisant. De nouvelles compétences viendront ensuite apporter des nuances bienvenues dans la mécanique de piratage : la propagation sur les autres ennemis, les dégâts sur la durée ou encore la compétence permettant de figer l’adversaire pendant quelques secondes se révèleront toutes très utiles.
Diana dans ses œuvres
En revanche, sur le fond, Pragmata est assez classique : des arènes de combat, un peu de plateforme, un peu d’exploration, de nombreux collectibles à récolter. Rien de bien surprenant en somme ; on dirait un jeu de l’ère Xbox 360/PS3, et ce n’est pas un inconvénient du tout. Cela lui confère même une patine old school bizarrement rafraîchissante. En tout cas, cela faisait une éternité vidéoludique que je n’avais pas joué à une œuvre aussi aboutie, alliant un gameplay pointu et exigeant à un univers aussi prenant et attendrissant.
Des pouvoirs s’ajoutent au hack pour plus de variété et de subtilités.
Ce classicisme assumé se retrouve jusqu’à la construction même du périple. Un hub central sert de base pour améliorer nos équipements ou faire deux ou trois bêtises avec Diana. Depuis celui-ci, on parcourt les différents niveaux et on peut même y revenir à mesure que l’on récupère de nouvelles façons de franchir des obstacles auparavant infranchissables. La formule est rôdée et fonctionne parfaitement. Si l’on ajoute à cela la tonne de collectibles, d’améliorations à récupérer ainsi que les documents enrichissant le lore et l’histoire de Pragmata, il y a de quoi s’occuper pour viser le 100%.
Cette affiche me rappelle quelque chose…
Sur la forme, la base lunaire tranche avec les environnements spatiaux habituels : la direction artistique et l’éclairage fonctionnent remarquablement bien, si bien que l’ensemble paraît lumineux et parfois même cosy, loin de l’ambiance claustrophobique et malsaine d’un Dead Space cité plus haut, dont Pragmata constitue presque l’antithèse. Par ailleurs, le titre de Capcom est magnifique, fluide, et je n’ai rencontré aucun bug ni crash. Capcom livre là une copie technique à faire pâlir bien des productions et s’impose tout autant par son niveau de finition. Un standard qui devrait être la norme, mais qui trouve en Pragmata un exemple bien esseulé…
Des niveaux recréent des lieux Terriens à la fois familiers et dissonants.
Pragmata est intégralement en français, et je tiens à souligner la prestation vocale de Hugh, campée par le comédien qui incarne le tout premier personnage rencontré dans Skyrim : oui, celui qui nous faisait remarquer qu’on était enfin réveillé. J’ai mis un peu de temps à l’identifier en jouant, mais je suis ravi de l’entendre dans un rôle aussi central. Les interactions entre les deux personnages offrent des pauses agréables entre deux combats nerveux. D’ailleurs, la plupart de ces saynètes souvent drôles sont facultatives, à initier au hub lorsque l’on trouve un jouet, par exemple. Cela ne nuit donc pas au rythme que chacun souhaite imprimer à sa session : on peut flâner au hub sans souci, ou se concentrer sur l’action et l’histoire principale si on le préfère. Cette liberté est très agréable, et évite l’écueil des couloirs de mini-jeux scriptés que l’on serait contraint de traverser.
Test Pragmata : conclusion
À première vue, Pragmata ressemble à un jeu d’action à la troisième personne que l’on dirait échappé de l’ère PS3/Xbox 360, tant sa formule (hub central, niveaux dédiés) fait old school. Évidemment, le hack en temps réel en plein combat donne tout son sel à l’action. Techniquement et graphiquement impeccable, l’expérience est parfaitement exécutée et répond aux hauts standards de 2026. Dès les premiers instants manette en main, quelque chose se passe, et le duo Diana et Hugh transforme et transporte Pragmata bien au-delà de son postulat de jeu d’hacktion : leur entente profonde et naturelle nous arrachera des rires, des soupirs et même des larmes. Que demander de plus ?








La note est trop sévère ? Pas assez sévère ? Vous avez des informations supplémentaires à apporter ? N’hésitez pas à commenter ^^